Coronavirus à Cannes : « La crise va renouveler nos façons de consommer », assure la manager de centre-ville

Isabelle de Saint-Léger a été nommée par la mairie en décembre 2019 — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Avec la perspective d’une réouverture des commerces le 19 mai, ceux de Cannes affichent depuis quelques heures une relative effervescence pour être prêts à redémarrer le jour J alors que d’autres ne relèveront pas le rideau.
  • « Les besoins de livraison directe aux particuliers vont sans doute rester et nous devons nous adapter. Nous travaillons à la mise en place de point relais pour récupérer ses commandes en fin de journée », indique la manager de centre-ville à Cannes.

Coups de ponceuse, de peinture, rangement des stocks… Avec la perspective d’une réouverture de tous les commerces le 19 mai, ceux de Cannes affichent depuis quelques heures une relative effervescence pour être prêts à redémarrer le jour J. D’autres ne relèveront pas le rideau. Notamment sur la rue d’Antibes, l’artère reine du shopping où plusieurs locaux sont déjà en quête de repreneurs.

Isabelle de Saint-Léger, manager de centre-ville nommée par la mairie en décembre 2019, à l’époque pour aider les boutiques à lutter contre « les distorsions de concurrence » liées aux « centres commerciaux et à Internet », fait le point avec 20 Minutes.

Certains commerces ont définitivement plié boutique. Quel est le bilan économique de cette année de crise sanitaire ?

Sur la rue d’Antibes, effectivement, une dizaine de locaux sont vides. Mais il s’agit majoritairement d’emplacements laissés libres après la faillite de groupes nationaux. Finalement le petit commerce a mieux résisté, sans doute grâce à la fidélité d’une certaine clientèle locale. A l’échelle de la ville, notre taux de vacance [la part des emplacements non occupés] a progressé de 6 % à 7,2 % au cours de la crise sur un total de 3.000 commerces. C’est un moindre mal comparé aux chiffres relevés à l’échelle nationale, alors que Cannes est très impactée étant donné que l’activité de bon nombre de commerces est liée au tourisme et aux congrès, extrêmement limités au cours des derniers mois.

Quelles sont les perspectives ?

Certains locaux ont déjà trouvé des repreneurs et des discussions sont ouvertes pour d’autres. Étonnamment, nous avons énormément de porteurs de projets qui sont là, et qui espèrent aussi, au vu du contexte, qu’une négociation des loyers soit possible. Des propriétaires vont aussi accepter pour la première fois de louer leurs locaux uniquement pour l’été. De grandes marques ont ainsi montré leur intérêt pour ouvrir des boutiques éphémères.

Ne risque-t-il pas d’y avoir des faillites supplémentaires, invisibles jusque-là, au moment du déconfinement ?

Sans doute. Peut-être d’avantage encore pour les restaurants dont certains ont déjà abandonné [il y en avait 600 à Cannes avant la crise]. Certains subsistent sous perfusion de l’Etat et ne pourront pas vraiment se relever au moment de la réouverture.

Cette crise va-t-elle changer durablement la physionomie du commerce cannois ?

Elle va surtout renouveler nos façons de consommer. A Cannes, nous avons accompagné les commerces, dont certains n’étaient pas super à l’aise avec le numérique, dans leurs démarches de click & collect [la plateforme clicknlerins.fr et l’appli Shoppeer ont été mises en ligne]. Les besoins de livraison directe aux particuliers vont également sans doute rester et nous devons nous adapter. Nous travaillons à la mise en place de point relais pour récupérer ses commandes en fin de journée, après le travail.

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