Coronavirus à Bordeaux : Si les supermarchés sont « blindés » le samedi, à 7 heures en semaine, c’est clairsemé

Les allées d’une grande surface parsemés à Bordeaux. — 20 Minutes

  • Avec le couvre-feu, les grandes surfaces ont décidé d’ouvrir plus tôt pour limiter la casse au niveau économique et garder une amplitude horaire importante pour les clients.
  • Pour le moment, ces derniers ne se pressent pas pour profiter de ces horaires. Pas de marée humaine non plus avant 18 heures mais beaucoup plus de monde le samedi.
  • En revanche, les drives attirent de plus en plus de clients.

7h28. A l’extérieur du centre commercial de Bordeaux-Lac, les étoiles brillent encore dans la nuit. A l’intérieur, ils sont déjà une petite trentaine à attendre devant le rideau métallique du supermarché. Dans deux minutes celui-ci va se lever une heure plus tôt que prévu. C’est le cas tous les matins depuis le début de la semaine. Comme de nombreuses autres enseignes de la grande distribution, Auchan a décidé de s’adapter à l’instauration nationale du couvre-feu à 18 heures en avançant les horaires d’ouverture de ses magasins.

Pour les plus clients les plus matinaux, ils peuvent même aller faire leurs courses dès 6h30 dans les hypermarchés Géant ou à partir de 7 heures à Monoprix. Pour Carrefour et Casino, rendez-vous à 7h30. Les horaires sont à peu près les mêmes tous les drives et les livraisons à domicile. Le choix de s’adapter pour les grandes surfaces a deux objectifs : limiter pour les conséquences économiques d’une fermeture prématurée et proposer des plages horaires plus amples aux clients pour éviter l’entassement.

Une trentaine de personnes faisaient la queue à 7h30. Une trentaine de personnes faisaient la queue à 7h30. – 20 Minutes

Alors comment cela se passe-t-il réellement sur le terrain ? « Franchement, ça reste calme, même aujourd’hui avec le début des soldes, il n’y a pas grand monde. Les clients arrivent surtout vers 8h-8h30 », explique Elise, une caissière. Et c’est vrai que dans les rayons, encore très parsemés, il y a avant tout des membres du personnel en gilet rouge. Elisabeth, elle, commence ses achats car « c’est une habitude » pour cette retraitée « de venir très tôt au moment où il n’y a personne, je suis tranquille et avec le Covid-19, c’est pas plus mal pour moi. »

Mais c’est vrai que ce mercredi matin, elle ne remarque « pas plus de gens que la semaine dernière » malgré une ouverture avancée d’une heure avec le couvre-feu. Quelques mètres plus loin, José est passé chercher un sandwich rapido pour le déjeuner avant de se rendre au travail. « Personnellement, on n’a pas prévu avec ma femme de profiter de ces horaires pour faire nos courses dans les prochaines semaines », avoue ce père de famille.

Le matin, on a déjà les enfants et le boulot qui commence assez tôt donc on ne va pas se lever à 5 heures du mat’ pour faire les courses (sourires). On va trouver une autre solution. »

Pas d’embouteillage à 18 heures…

Si en ville cela ne semble pas changer grand-chose notamment parce que « l’on a tout à proximité et quelques minutes on peut trouver un lieu où faire quelques achats » souligne Nathalie une Bordelaise, ce n’est pas forcément la même chose à la campagne. « Oui, on a remarqué avec mes collègues un peu plus de monde dans nos magasins en milieu rural, avoue une responsable d’une grande surface en Gironde, car le soir les gens n’ont plus le temps de faire 15-20 minutes de route pour venir entre le retour express du travail ou les enfants à récupérer à toute vitesse. »

Mais cela reste à la marge. Comme le souligne une personne de chez Auchan, « il n’y a pas pour l’instant un changement dans les habitudes de consommation des Français et on commence à avoir un peu de recul avec les différents couvre-feux pour pouvoir le dire. » Et il n’y aurait pas non plus de marée humaine le soir à l’approche de 18 heures selon plusieurs témoignages recueillis par 20 Minutes.

La fréquentation des drives en augmentation

En revanche, ce couvre-feu a bien deux conséquences sur la fréquentation des grandes surfaces. Il y a beaucoup plus de monde le samedi et les drives sont de plus en plus sollicités. « Samedi dernier, c’était blindé avec des jauges qui ne sont pas forcément respectées, explique Thierry qui fait ses courses dans la zone commerciale de Saint-Eulalie près de Bordeaux, mais c’est logique car il faut bien y aller pour remplir le frigo à un moment donné et les gens qui travaillent tard ne peuvent plus le faire en semaine. »

Sur les drives, c’est avant tout une question pratique pour les grandes enseignes. « C’est simple et rapide, rappelle un dirigeant, il est même possible de faire un aller-retour le matin avant d’aller au travail alors que s’il faut prendre une heure pour faire ses achats, ce n’est pas possible pour beaucoup de gens ». Pour l’instant, il n’y a pas de chiffres pour illustrer cette tendance mais certaines grandes surfaces réfléchissent déjà à renforcer leurs effectifs.

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