Coronavirus : « 562 cas d’effets indésirables ont été déclarés en lien avec une infection à Covid-19 »

Des comprimés d’hydroxychloroquine. (Illustration) — AFP

Des troubles neuropsychiatriques suivis d’une tentative de suicide. L’Agence espagnole des médicaments (AEMPS) a alerté l’Agence du médicament (ANSM) après le suicide de trois patients traités contre le Covid-19 par hydroxychloroquine. L’AEMPS a dénombré six cas connus de patients Covid-19 positifs et traités par hydroxychloroquine qui ont eu des troubles neuropsychiatriques, dont trois suicides et une tentative de suicide. Ces troubles neuropsychiatriques sont apparus principalement pendant les premiers jours de traitement, à des doses élevées, y compris chez des patients sans antécédents psychiatriques. L’agence française n’a pas pour sa part eu de signalement de troubles neuropsychiatriques graves comparables à cette date. Mais les signalements d’effets indésirables des traitements liés au Covid-19 atteignent plus de 500 cas, a annoncé l’ANSM.

L’agence rappelle que le risque de troubles neuropsychiatriques est déjà connu avec l’hydroxychloroquine et la chloroquine (psychose, nervosité, insomnies, dépression, etc.) et pourrait être aggravé par le contexte lié à la pandémie et au confinement. Une évaluation à ce sujet est en cours au niveau européen.

Concernant les autres effets indésirables surveillés, l’ANSM remarque que « le nombre de cas d’effets indésirables cardiaques des traitements avec l’hydroxychloroquine seule ou en association connaît une augmentation moins importante par rapport aux semaines précédentes ». Elle fait état d’une baisse assez significative de son utilisation tant en ville qu’à l’hôpital.

La majorité des effets indésirables cardiaques liée à l’hydroxychloroquine

En tout, « au 12 mai, 562 cas d’effets indésirables ont été déclarés en lien avec une infection à Covid-19, dont 78 % de cas graves, concernant 64 % d’hommes », détaille l’ANSM, qui avait annoncé plus de 300 cas le 25 avril et une centaine le 10 avril. Parmi ces cas, 348 (62 %) sont imputés aux médicaments utilisés dans le traitement du Covid-19, les autres cas étant répartis entre les médicaments ayant pu aggraver la maladie (12 %) et les cas liés aux autres médicaments prescrits chez ces patients (25 %).

L’hydroxychloroquine (Plaquenil) représente la majorité des effets indésirables cardiaques, soit 141 sur 159 cas. Les effets cardiaques de l’hydroxychloroquine comptent pour 69 % de ses effets indésirables (hépatiques, digestifs…) répertoriés contre 44 % pour le Kaletra (un antiretroviral combinant lopinavir et ritonavir).

Anomalies électriques du fonctionnement du cœur

L’hydroxychloroquine, un dérivé de l’antipaludéen chloroquine, est connu pour provoquer chez certains patients des anomalies électriques du fonctionnement du cœur visibles à l’électrocardiogramme, qui peuvent mener à des troubles du rythme cardiaque voire au décès. Il semble que « les malades du Covid sont plus fragiles sur le plan cardiovasculaire et donc plus susceptibles que les personnes lambda d’avoir des problèmes avec des médicaments qui sont délétères pour le cœur » tels que l’hydroxychloroquine, avait expliqué le directeur général de l’ANSM Dominique Martin à l’AFP début avril.

Le nombre de décès tous liés à l’hydroxychloroquine survenus en milieu hospitalier est toujours de quatre. Au vu de ces risques, l’agence sanitaire rappelle que ces médicaments, lorsqu’ils sont utilisés contre le Covid-19, doivent l’être prioritairement dans le cadre des essais cliniques en cours.

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