Coronavirus : 31 détenus portent plainte pour non-assistance à personne en danger

Dans une prison (illustration) — KONRAD K./SIPA

  • 31 détenus portent plainte contre le gouvernement et plus précisément contre la garde des Sceaux et le premier ministre.
  • « Aucune mesure sanitaire n’a été mise en place à l’exception de la suspension des parloirs familles pour protéger tant le personnel pénitentiaire que les personnes détenues », dénonce leur avocate, Khadija Aoudia.
  • L’avocate nîmoise avait déjà déposé plainte contre le préfet du Gard en 2017, représentant de l’Etat dans le département, pour dénoncer la surpopulation de la prison de Nîmes.

Une avocate du barreau de Nîmes, Khadija Aoudia, a déposé plainte contre le gouvernement au nom de 31 détenus incarcérés dans diverses prisons du sud de la France, pour non-assistance à personne en danger. Elle estime que la population carcérale est gravement menacée par la pandémie de coronavirus. Ses 31 clients sont incarcérés dans les établissements pénitentiaires de Nîmes, Luynes, Salon-de-Provence, Tarascon, Arles, Perpignan, Béziers, Villeneuve-lès-Maguelone, Le Pontet, Mende, Toulon, Muret et Roanne.

« Aucune mesure sanitaire n’a été mise en place à l’exception de la suspension des parloirs familles pour protéger tant le personnel pénitentiaire que les personnes détenues, dénonce l’avocate. Aucun masque et gant de protection, aucun gel hydroalcoolique n’a été distribué. Les distances d’un mètre, préconisées dans le cadre de la campagne de prévention, ne peuvent être effectives en raison de la surpopulation carcérale ».

Le premier ministre et la ministre de la justice dans le viseur

La garde des Sceaux Nicole Belloubet et le Premier ministre Edouard Philippe sont nommément visés par la plainte. « Confrontée à ce marasme sanitaire, la ministre de la Justice n’a pas pris les mesures impératives et urgentes qui s’imposaient pour apporter assistance et secours à son administration pénitentiaire, reprend l’avocate. Elle ne pouvait ignorer l’existence d’un péril immédiat et constant causé par la pandémie Covid-19 ».

Nicole Belloubet a présenté plusieurs mesures d’exception pour la justice dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, afin de simplifier les procédures et de permettre la libération de « 5.000 à 6.000 » détenus des prisons françaises.

Déjà, en 2017…

En 2017, Khadija Aoudia avait porté plainte contre le préfet du Gard, représentant de l’Etat dans le Gard, pour mise en danger de la vie d’autrui à la maison d’arrêt de Nîmes où la surpopulation est très importante. Plusieurs de ses clients y étaient incarcérés.

Société

Coronavirus : Pour réguler la population des prisons, l’exécution des peines courtes est reportée

Justice

Coronavirus à Béziers : Peines de prison pour cinq détenus ayant participé à une mutinerie

0 partage