Corée du Nord : Pyongyang tire ses premiers missiles de l’ère Biden

Le leader de Corée du Nord, Kim Jong-un, à Pyongyang le 23 mars 2021. — /AP/SIPA

Malgré un nouveau locataire à la Maison-Blanche, la Corée du Nord semble vouloir garder la même stratégie vis-à-vis des Etats-Unis : jouer au bras de fer militaire. Le pays a ainsi testé dimanche des missiles de courte portée pour la première fois depuis l’arrivée de Joe Biden au pouvoir. Pour l’instant, Washington a minimisé ce geste de défi au moment où le président américain définit sa stratégie face à Pyongyang.

« Nous sommes au courant de deux missiles », a confirmé un responsable américain sous couvert de l’anonymat. D’autres responsables de l’administration Biden ont tenu à affirmer qu’il s’agissait d’un système de « courte portée » classé « dans la catégorie des activités militaires normales du Nord ». Ces tirs « ne sont pas sanctionnés par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU contre le programme de missiles balistiques » de Pyongyang, a précisé l’un d’eux. « La Corée du Nord a un menu bien connu de provocations lorsqu’elle veut adresser un message aux gouvernements américains […]. Les experts ont constaté à raison que ce qui est arrivé ce week-end se trouvait tout en bas de ce spectre », a-t-il ajouté.

Ne pas « donner trop de publicité »

Les observateurs s’attendaient à un avertissement militaire nord-coréen depuis l’arrivée du nouveau président américain. Contrairement à la plupart des tirs précédents, ceux-ci n’avaient pas été signalés sur le moment par la Corée du Sud, le Japon ou les Etats-Unis. Plusieurs experts ont estimé qu’il s’agissait probablement de missiles de croisière, réponse relativement modérée aux manœuvres militaires conjointes que viennent de mener Washington et Séoul. L’administration Biden a expliqué avoir immédiatement constaté les tirs de dimanche, mais n’avoir pas voulu « donner trop de publicité » à ce qu’elle ne considère pas être une provocation majeure.

Depuis février, la nouvelle administration américaine a tenté en vain d’entrer en contact avec la direction nord-coréenne. La semaine dernière, la Corée du Nord a pour sa part averti qu’elle ne changerait pas de position vis-à-vis des Etats-Unis tant qu’ils ne renonceraient pas à leur « politique hostile » envers elle. Malgré des escarmouches verbales et maintenant militaires, les Etats-Unis assurent qu’ils sont toujours ouverts au dialogue. Mais ils préviennent aussi qu’ils n’entendent pas renoncer aux manœuvres militaires conjointes avec les Sud-Coréens, comme l’avait fait Donald Trump. La semaine prochaine, le conseiller pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, accueillera à la Maison-Blanche ses homologues sud-coréen et japonais. Et le Premier ministre japonais Yoshihide Suga sera, en avril, le premier dirigeant étranger à être reçu en personne aux Etats-Unis par le nouveau président.

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