Corée du Nord : Pyongyang fustige « l’attitude déplorable » du chef de l’ONU

Pyongyang est en colère contre Antonio Guterres. La ministre nord-coréenne des Affaires étrangères a critiqué dimanche « l’attitude déplorable » du secrétaire général de l’ONU, qui a condamné un tir récent d’un missile balistique intercontinental, a annoncé l’agence étatique KCNA.

« J’exprime mon profond regret du fait que le secrétaire général de l’ONU observe une attitude vraiment déplorable, oublieuse de l’objectif et des principes de la Charte des Nations unies et de sa mission même qui est de maintenir l’impartialité, l’objectivité et l’équité sur tous les sujets », a déclaré la ministre Choe Son Hui. Selon elle, cela « prouve clairement » qu’Antonio Guterres « est une marionnette des Etats-Unis ».

Réunion ce lundi du Conseil de sécurité de l’ONU

Le chef de l’ONU avait appelé vendredi la Corée du Nord à « immédiatement s’abstenir » de toute nouvelle « provocation » après ce nouveau tir, en appelant à nouveau Pyongyang à revenir à la table des négociations. Le Conseil de sécurité des Nations unies a indiqué samedi qu’il allait se réunir ce lundi pour discuter de la situation.

Appelant l’organe de l’ONU à « répondre de manière appropriée », l’Union européenne a condamné « une action dangereuse, illégale et irresponsable ». Les pays du G7 ont également dénoncé dimanche le lancement « irresponsable » d’un nouveau missile balistique intercontinental, exhortant le Conseil de sécurité à prendre de nouvelles mesures « significatives » pour mettre fin aux essais nord-coréens.

Les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont intensifié ces derniers mois leurs manœuvres militaires conjointes depuis que Kim Jong-un a déclaré en septembre que le statut d’Etat nucléaire de la Corée du Nord était « irréversible ». Séoul et Washington ont notamment mené fin octobre et début novembre les plus grands exercices aériens communs de leur histoire.

La politique d’« autodéfense » de Pyongyang

Dimanche, la ministre nord-coréenne des affaires étrangères a mis en avant la politique d’ « autodéfense » de la Corée du Nord « dans un environnement sécuritaire inquiétant dans la région en raison de la dangereuse coopération militaire entre les Etats-Unis et ses forces vassales ». « Le secrétaire général de l’ONU a pourtant rendu responsable la Corée du Nord plutôt que les Etats-Unis », a déploré la ministre.

Kim Jong-un avait supervisé le lancement de son dernier missile balistique intercontinental accompagné de sa fille, qu’il a dévoilée au monde pour la première fois, selon un message publié samedi par KCNA. Le dirigeant nord-coréen a aussi réaffirmé qu’il recourrait à la bombe atomique en cas d’attaque nucléaire contre son pays.