COP27 : A la veille de la clôture, les pays bloquent sur les finances

Les négociations butent à un jour de la fin prévue de la conférence sur le climat. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a pourtant appelé jeudi les pays rassemblés à la COP27 à trouver « un accord ambitieux et crédible » sur la compensation des ravages provoqués par le changement climatique, un sujet brûlant. « La manière la plus efficace de reconstruire la confiance est de trouver un accord ambitieux et crédible sur les pertes et préjudices et le soutien financier aux pays en développement », a-t-il déclaré en Egypte, à son retour du G20 à Bali. « Nous avons besoin d’action », a-t-il lancé.

« Retarder la justice climatique serait un déni de justice », a martelé de son côté la ministre pakistanaise du Changement climatique, Sherry Rehman, au nom du puissant groupe de négociation G77 + Chine, qui a déposé un projet de résolution sur la création immédiate d’une facilité financière dédiée à ces « pertes et dommages ». « Nous voulons au strict minimum une déclaration politique d’intention », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse commune avec les représentants des autres groupes de pays en développement, Pays moins avancées (PMA), petits Etats insulaires (Aosis) et Alliance indépendante d’Amérique latine et des Caraïbes (Ailac). Elle a toutefois exclu que ces groupes claquent la porte des pourparlers, estimant que ce serait « prématuré ».

« Les pertes et dommages sont un cercle vicieux qui doit être brisé. Le lieu pour le faire, c’est ici. Le temps pour le faire, c’est maintenant, à cette COP27 », a insisté au nom des PMA le ministre sénégalais de l’Environnement Alioune Ndoye. Les Etats-Unis et l’Union européenne sont toutefois très réticents, mais l’UE a joué l’ouverture mercredi en annonçant plus d’un milliard d’euros de financements pour l’adaptation en Afrique, dont 60 millions pour les pertes et dommages.

Événements extrêmement dévastateurs

Le sujet des pertes et préjudices est rendu plus sensible encore par la multiplication des événements extrêmes dévastateurs, illustrée par le cortège d’inondations, sécheresses ou incendies géants de l’année en cours. Les pays pauvres, souvent en première ligne, sont les moins responsables du réchauffement climatique et ils réclament désormais un mécanisme financier spécifique sur ces dommages, auquel les riches sont très réticents.

Les discussions financières se déroulent dans un contexte de grande méfiance, les pays riches n’ayant jamais tenu un engagement de 2009 de porter à 100 milliards de dollars par an les financements de l’adaptation au dérèglement climatique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre à destination des pays en développement.

Les sommes pour l’instant sur la table pour ces différents secteurs sont dérisoires par rapport aux besoins estimés, qui se chiffrent de l’avis général en milliers de milliards. La présidence de la COP égyptienne a de son côté fait circuler un document de travail en vue d’une déclaration finale qui ne mentionne rien de concret sur les sujets contentieux des finances.