Contrôle technique, assurance, vitesse : l’avenir de votre voiture en 2026.
Depuis le 29 décembre 2025, les conducteurs roulant à plus de 50 km/h au-dessus de la limitation légale s’exposent à des sanctions plus sévères pouvant inclure une peine de trois mois d’emprisonnement et une amende de 3.750 euros. À partir du 1er février 2026, il y aura une hausse moyenne des péages limitée à moins de 1 %, conformément aux contrats de concession autoroutière.

Le contrôle technique devient plus strict, les radars se multiplient, le malus écologique grimpe, des aides à l’achat sont mises en place, et des sanctions sont instaurées. L’année 2026 représente un tournant pour les automobilistes, qui devront faire face à un cadre réglementaire de plus en plus contraignant et à des sanctions accrues. Les règles se renforcent globalement alors que de nouvelles restrictions de circulation ou de stationnement apparaissent.
20 Minutes vous présente un aperçu des principaux changements qui vont influencer le quotidien des automobilistes cette année.
Des sanctions plus sévères
Les mesures visant à garantir la sécurité routière se renforcent, notamment avec des sanctions pénales pour les excès de vitesse importants. Depuis le 29 décembre 2025, les conducteurs roulant à plus de 50 km/h au-dessus de la vitesse limite s’exposent à des sanctions alourdies. Cette infraction est désormais considérée comme un délit et ne relève plus d’une simple contravention de cinquième classe. Elle peut entraîner une peine de trois mois d’emprisonnement, une amende de 3.750 euros, ainsi qu’une inscription au casier judiciaire, selon le décret publié au Journal officiel. En pratique, l’application de cette mesure dépendra de la jurisprudence, et les premières décisions des tribunaux seront cruciales pour évaluer l’impact réel de cette réforme.
Les autorités ciblent aussi l’utilisation du téléphone au volant, un facteur clé d’accidents graves et mortels. Actuellement, la sanction pour cette infraction est une amende de 135 euros et le retrait de trois points. Toutefois, cette année, certains préfets appliquent également la peine complémentaire prévue par l’article R412-6-1 du Code de la route, qui permet de suspendre administrativement le permis de conduire jusqu’à trois ans en cas d’utilisation du téléphone tenu à la main. Plusieurs préfectures ont déjà décidé d’appliquer cette mesure. Dans le Lot-et-Garonne, une suspension de six mois sera mise en œuvre à compter du 1er février prochain, tandis que d’autres départements appliquent déjà ces sanctions en cas de cumul avec d’autres infractions.
Des contrôles sécuritaires
Concernant le contrôle technique, des changements interviennent particulièrement en ce qui concerne la détection des véhicules sous « stop drive ». Cette mesure vise notamment à éliminer les véhicules restant équipés d’airbags Takata. Depuis le 1er janvier, les véhicules passant le contrôle technique sont vérifiés pour déterminer s’ils possèdent un airbag Takata classé « stop drive », ce qui rend leur circulation prohibée. En cas de détection, une contre-visite obligatoire sera exigée, accompagnée du remplacement de la pièce défectueuse.
Une autre mesure sécuritaire, encore à l’étude, concerne les radars. Le Département du contrôle automatisé envisage de réintroduire cette année un flash visible sur les radars tourelles et les nouveaux radars urbains. Actuellement, un quart des radars en France utilisent une technologie infrarouge imperceptible et ne flashent plus. La Ligue de défense des conducteurs se réjouit de cette éventuelle réintroduction d’un signal visible, qui pourrait « avertir l’automobiliste et peut-être engendrer un comportement différent, une réflexion, un changement, une conscience de ce qu’il a fait ».
Du côté du porte-monnaie
Tout d’abord, un sujet qui suscite beaucoup de réactions : le malus écologique appliqué de manière rétroactive lors du changement de carte grise pour certains véhicules d’occasion. Les nouveaux propriétaires devront s’acquitter du malus écologique dont le véhicule avait été exonéré initialement. Cependant, la plupart des véhicules d’occasion ne concernent pas cette mesure. La taxe s’applique uniquement aux voitures ayant bénéficié d’une exonération de malus lors de leur première immatriculation après 2015 et qui seront revendues à partir de 2026.
Concernant la fiscalité automobile, celle-ci se renforce également. Le malus CO2 a atteint un plafond de 80.000 euros pour les véhicules émettant 192 g/km de CO2 ou plus, contre 70.000 euros en 2025. De plus, le seuil de déclenchement du malus est abaissé à 108 g/km de CO2 (il devait initialement passer à 103 g/km). Le malus lié à la masse, ciblant les véhicules lourds, devient également plus strict, pénalisant notamment les SUV.
En revanche, les acheteurs de voitures électriques neuves bénéficieront d’un soutien accru. Cette année, la prime dite « coup de pouce », financée via les Certificats d’économie d’énergie (CEE), s’élève à 3.500 euros au minimum et peut atteindre 5.700 euros pour les ménages modestes. Une majoration est également prévue pour les véhicules équipés de batteries produites en Europe. Néanmoins, cette aide reste strictement conditionnée au lieu de production, excluant la majorité des modèles assemblés en dehors du continent européen.
Au péage, une hausse des tarifs interviendra le 1er février, bien que limitée à moins de 1 %, conformément aux contrats de concession autoroutière. Bien que cette augmentation soit contenue, elle s’ajoute à une tendance générale à l’augmentation des coûts de mobilité. Simultanément, les tarifs des assurances automobiles continueront d’augmenter en 2026, en raison de l’inflation, du coût des réparations, des nouvelles obligations réglementaires et de la hausse des sinistres, qui pèsent sur les assureurs.
À la pompe, la situation n’est pas favorable. Depuis le 1er janvier, les prix ont grimpé en moyenne de 5 centimes par litre. Cette hausse résulte directement de l’augmentation des certificats d’économie d’énergie (CEE) que doivent financer les fournisseurs d’énergie, y compris les distributeurs de carburants, conformément à la réglementation énergétique nationale. Ce dispositif, instauré en 2005 et reposant sur le principe du pollueur-payeur, oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions visant à réduire la consommation d’énergie et à améliorer l’efficacité énergétique, une obligation recentrée et renforcée par le gouvernement.
Des restrictions de circulation
Les Zones à faibles émissions (ZFE) refont surface, avec une verbalisation automatisée possible. Bien que plusieurs métropoles aient décidé de repousser l’exclusion des véhicules Crit’Air 3, cette année verra l’installation des premiers systèmes de verbalisation automatique pour les véhicules Crit’Air 4, 5 et non classés, en conformité avec le cadre réglementaire des zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m). Toutefois, en période électorale, rien n’est certain, et les modalités de déploiement demeurent incertaines.
La question des places de stationnement urbain reste cruciale et problématique, car elles se raréfient. Cette année, la situation ne devrait pas s’améliorer avec un nombre réduit de places, conséquence de l’application de l’article 52 de la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019, qui impose aux communes de supprimer les places situées jusqu’à cinq mètres en amont des passages piétons d’ici à la fin de l’année, une mesure visant à améliorer la visibilité et la sécurité des piétons.
La route en rose
Pour les automobilistes privilégiant la bonne humeur, 2026 peut être une année favorable, surtout s’ils achètent une voiture neuve. Les véhicules immatriculés provisoirement en WW devront dorénavant arborer des plaques d’immatriculation roses, avec obligation d’afficher la date de fin de validité sur le côté droit. Cette mesure vise à améliorer la lisibilité et à lutter contre les abus liés aux immatriculations temporaires.

