Consommation : Oui, les grandes surfaces mettent parfois en avant des faux bons plans

Les supermarchés sont-ils en train de nous arnaquer ? C’est ce que dénonce une vidéo relayée massivement sur Facebook. La scène se déroule au cœur d’un Carrefour Market, dont l’emplacement exact n’est pas indiqué. « J’avais vu une vidéo sur TikTok, je vais aller voir si c’est vrai », raconte la « lanceuse d’alerte ». Au milieu des rayons, une montagne de packs de lait est disposée avec un panneau aguichant le consommateur : le lot de dix bouteilles est vendu à 9 euros.

La devanture est présentée comme une promotion. Or, il n’en serait rien. « Je vais prendre un litre et je vais voir ce que ça donne », avance la femme dans le supermarché. En le scannant à la borne des prix, elle découvre que la bouteille à l’unité revient à 0,72 euro. Le pack de dix bouteilles de lait devrait donc coûter 7,20 euros, et non 9 euros. Si Carrefour Market avoue à 20 Minutes « une erreur », le problème pourrait être bien plus global.

FAKE OFF

Oui, il existerait bien des couacs dans les affichages de certains supermarchés. Pour mieux comprendre comment ça marche, nous avons contacté l’enseigne Carrefour, responsable du mauvais affichage mis en avant par l’internaute. « Notre politique est de pratiquer des promotions claires et honnêtes vis-à-vis de nos clients », assure le service presse du groupe.

Mais parfois des problèmes comme celui des packs de lait peuvent survenir, explique le Groupe Carrefour. « Compte tenu du nombre de magasins dont nous disposons (plus de 5.000) et du millier de produits et promotions que nous proposons à nos clients tout au long de l’année, des erreurs peuvent survenir. Dès que nous nous en apercevons, une rectification est aussitôt effectuée, comme cela a été le cas pour la promotion des dix bouteilles Lactel ».

Une certaine gourmandise pour les promos

Une erreur rectifiée, mais une erreur courante dans les supermarchés. C’est ce que révélait l’enquête du magazine 60 millions de consommateurs, publiée en janvier dernier. En scrutant les promotions mises en avant sur 63 produits, les enquêteurs ont observé plusieurs anomalies sur les ristournes promises par les enseignes étudiées (Lidl, Auchan, Carrefour, E.Leclerc, Intermarché et U Express. Un constat qui survient au moment où, en 2020, 47 % des Français se disent à la recherche active des promotions, d’après une étude du cabinet de marketing Sogec, citée par nos confrères. D’après cette étude, sept personnes sur dix sélectionnent un produit si une promesse de réduction de prix est faite.

Parmi les familles d’erreurs, 60 millions de consommateurs a notamment remarqué que des produits étaient vendus plus cher en lot qu’à l’unité. C’est l’exemple même repéré dans les rayons de Carrefour Market avec les bouteilles de lait. Pendant son enquête, le magazine a noté que des produits vendus par deux revenaient plus cher au kilo que le même produit à l’unité. Auprès de 60 millions de consommateurs, une enseigne explique que face à la concurrence entre les magasins, les supermarchés doivent réduire les prix des produits… en oubliant parfois d’ajuster les prix des lots.

Les promotions, 20 % du chiffre d’affaires

Les enquêteurs de 60 millions de consommateurs ont également noté d’autres inexactitudes dans certaines promotions. Un produit mis en avant par une campagne promotionnelle ou en tête de gondole peut parfois ne bénéficier d’aucune remise. Dans d’autres enseignes, une confusion peut également être faite entre le prix normal et la promotion présents dans le même rayon, ce qui pourrait induire en erreur le consommateur.

D’autres couacs sont également révélés par l’enquête, notamment des ruptures de stock ont été remarquées par certains clients qui dénoncent l’indisponibilité d’un produit dès le premier jour de sa mise en promotion. D’après le code de la consommation, cela peut être considéré comme une pratique commerciale trompeuse.

Ces techniques utilisées par les grandes surfaces ne sont pas anodines. Aujourd’hui, les enseignes en sont bien conscientes : les promotions représentent une grande partie de leur chiffre d’affaires. 20 % selon 60 millions de consommateurs. Ainsi, toutes les méthodes sont bonnes – et quelques fois très trompeuses – pour attirer le client vers un produit.