Congé parental et allocation prolongée jusqu’à 20 ans : mesures choc contre la dénatalité
Une allocation de 250 euros sera versée chaque mois pour chaque enfant jusqu’à ses 20 ans, sans condition de ressources, selon un rapport parlementaire. Le document propose également un congé parental rémunéré de douze mois proportionnellement au salaire.
Une allocation de 250 euros par mois jusqu’aux 20 ans de l’enfant est l’une des mesures centrales d’un rapport parlementaire qui appelle à « une révolution » de la politique familiale pour contrer la baisse de la natalité. Ce document, publié à l’issue d’une mission sur les causes et conséquences de cette diminution observée depuis environ quinze ans, recommande également d’octroyer un congé parental rémunéré de douze mois en fonction du salaire, ainsi que des congés ponctuels pour les grands-parents.
Deux ans après l’appel très controversé du président français Emmanuel Macron au « réarmement démographique », le rapport souligne que le désir d’enfant demeure « élevé en France », mais que « sa réalisation est de plus en plus entravée par les obstacles économiques, professionnels et symboliques ».
« J’appelle à une révolution de la politique familiale » pour « permettre aux Français de réaliser leur désir d’enfant », a déclaré à l’AFP le député de centre-droit Jérémie Patrier-Leitus, qui fait partie de la majorité présidentielle et est l’auteur du rapport.
Un « versement familial unique »
Le rapport présente plusieurs pistes pour encourager la natalité. Actuellement, les allocations familiales en France ne sont versées qu’à partir du deuxième enfant et sont modulées selon les ressources. Il est donc proposé de créer un « versement familial unique » de 250 euros par enfant chaque mois, sans conditions de ressources, dès le premier enfant et jusqu’à ses 20 ans. Cette aide regrouperait une dizaine d’autres prestations existantes, entraînant un coût supplémentaire d’environ 5 à 10 milliards d’euros, d’après le rapporteur.
Un « congé parental unifié »
D’autres recommandations visent à soutenir financièrement les familles. Les entreprises pourraient offrir une prime de naissance défiscalisée, le plafond des avantages fiscaux pour les foyers avec enfants pourrait être augmenté, et un prêt à taux zéro pour l’acquisition d’un logement lors d’une naissance pourrait également être proposé. Le rapport suggère également de mettre en place un « congé parental unifié » rémunéré pendant douze mois en fonction du salaire, et d’accorder la possibilité aux parents (ou aux grands-parents) de prendre environ quatre demi-journées par an pour participer aux moments clés de la scolarité.
Cette nouvelle politique familiale serait pilotée par un ministère spécifiquement dédié, rattaché au Premier ministre. Jérémie Patrier-Leitus a estimé que certaines propositions du rapport pourraient être mises en œuvre d’ici 2027, tandis que d’autres devraient être intégrées dans un projet présidentiel.

