Conflit Ukraine-Russie : L’avertissement de Washington suggère « que Poutine va entrer en guerre ce week-end ou en début de semaine »

L’avertissement est sans équivoque. Les Etats-Unis ont affirmé vendredi que la Russie pourrait envahir l’Ukraine avant la fin des Jeux olympiques, qui se terminent le 20 février, et avoir recours à « des bombardements aériens ». Même si Washington assure ne pas avoir d’élément indiquant que Vladimir Poutine ait arrêté sa décision, 3.000 soldats supplémentaires vont être envoyés en Pologne dans les prochains jours, et de nombreux pays ont appelé leurs ressortissants à évacuer l’Ukraine dans les 24 ou 48 heures.

Pour Melinda Haring, experte de la région à l’Atlantic council, un influent think tank américain, la conférence de presse du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche Jake Sullivan ne laisse aucun doute : « Poutine va entrer en guerre ce week-end ou en début de semaine prochaine. Il va frapper l’Ukraine, et le renseignement américain dispose clairement d’éléments en ce sens qu’ils ont communiqué à leurs alliés ».

Jeudi, une téléconférence a d’ailleurs réuni une douzaine de dirigeants occidentaux, Joe Biden, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, ainsi que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le président polonais, Andrzej Duda, ou encore le président du Conseil italien Mario Draghi et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Arrivée de nouvelles forces russes

« Nous continuons à voir des signes d’escalade russe, y compris l’arrivée de nouvelles forces à la frontière ukrainienne », a déclaré, Jake Sullivan, selon qui cette invasion peut « intervenir à tout moment », y compris avant la fin des JO. Il balaie ici les spéculations d’observateurs estimant que Vladimir Poutine ne se risquerait pas à irriter son allié Xi Jinping en attaquant pendant les Jeux.

Les Américains, qui ont partagé avec leurs alliés les analyses de leurs services de renseignement, ont esquissé un scénario dramatique en cas d’offensive russe. Celle-ci « commencerait probablement par des bombardements aériens et des tirs de missiles qui pourraient évidemment tuer des civils », a dit Jake Sullivan devant la presse. Elle pourrait aussi inclure « un assaut rapide » contre Kiev. Melinda Haring, elle, estime plus probable une offensive « progressive » démarrant par une cyberattaque massive suivie d’une neutralisation des infrastructures énergétiques. Et, si l’Ukraine ne capitule pas, elle n’exclut pas une attaque visant le président Zelensky.

Jake Sullivan a appelé les Américains se trouvant en Ukraine à quitter le pays « d’ici 24 à 48 heures », relayant l’avertissement très direct lancé la veille par Joe Biden. Jeudi, Israël, un proche allié de Washington, a évacué son personnel diplomatique et leurs familles. Le Canada, la Corée du Sud, le Japon et le Royaume-Uni ont également appelé leurs ressortissants à quitter l’Ukraine au plus vite.

Poutine va s’entretenir avec Biden et Macron samedi

Malgré les roulements de tambour, la diplomatie continue. Vladimir Poutine va s’entretenir au téléphone avec Emmanuel Macron puis Joe Biden samedi. Mais « la diplomatie n’a permis aucune avancée, Poutine a joué la montre », tacle l’experte. Qui juge que l’Occident a été naïf en pensant « que la menace de sanctions » et quelques milliers de troupes seraient suffisants pour dissuader Moscou.

Joe Biden a été clair : il n’enverra pas de troupes américaines en Ukraine, même pour évacuer des ressortissants américains. Melinda Haring estime que le président américain « ferait mieux de rester vague sur ce qu’il n’est pas prêt à faire ». Sous peine d’enhardir Vladimir Poutine.