Comptes de campagne de 2017 : Les mises en examen validées dans l’enquête sur la France Insoumise

L’enquête scrute les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2017. Jeudi, la cour d’appel de Paris a validé les mises en examen de cette investigation, a-t-on appris ce lundi de source judiciaire.

L’association l’Ere du peuple, fondée en 2015 par des proches du leader de la France Insoumise, la mandataire financière du candidat, Marie-Pierre Oprandi, et le député Bastien Lachaud, avaient déposé des requêtes en annulation des poursuites les visant, qui ont été examinées le 16 juin par la chambre de l’instruction de la cour d’appel. Selon la source judiciaire, « la chambre de l’instruction a dit n’y avoir lieu à aucune des annulations sollicitées ».

Une différence de plus de 150.000 euros

Sollicités par l’AFP, les avocats des mis en cause n’ont pas souhaité faire de commentaires. Dans ce dossier, les juges d’instruction se penchent depuis novembre 2018 sur l’utilisation des fonds publics par l’équipe du candidat LFI pour la campagne de 2017.

L’Ere du peuple avait facturé 440.027 euros au candidat pour des locations de salles ou de matériel informatique et des prestations intellectuelles de ses quatre salariés, parmi lesquels les députés Bastien Lachaud et Mathilde Panot. La Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) avait relevé une différence de 152.688 euros entre les salaires versés aux députés et les montants facturés pour leurs prestations au mandataire.

Prêt illicite de main-d’œuvre

Selon Mediapart, cela a permis à l’association de dégager une marge de 66 % et 59 % pour les deux députés. Chargée de valider le remboursement des dépenses des candidats avec l’argent public, la commission avait refusé de rembourser cette marge réalisée par l’Ere du peuple et avait signalé les faits à la justice.

Au printemps 2021, l’Ere du Peuple a été mise en examen pour prêt illicite de main d’oeuvre, des poursuites aggravées un an plus tard quand les juges l’ont aussi mise en examen pour escroquerie aggravée, abus de confiance et financement illégal de campagne.

Jean-Luc Mélenchon nie toute infraction

La mandataire financière du candidat LFI, Marie-Pierre Oprandi, a elle été mise en examen en avril 2021 pour prêt illicite de main-d’oeuvre et usage de faux, puis en septembre 2021, le député LFI Bastien Lachaud, qui était alors salarié en tant que trésorier de l’association, était à son tour poursuivi, principalement pour prêt illicite de main-d’oeuvre, faux, escroquerie et tentative d’escroquerie.

Jean-Luc Mélenchon conteste toute infraction dans cette enquête et dans une seconde information judiciaire, toujours en cours, concernant l’emploi des assistants parlementaires de LFI au parlement européen.