Comment s’appellent les habitants de Lataule ou de Trécon ? Elle a répertorié les noms de communes insolites

Non, les habitants du Cercueil ne vivent pas tous au cimetière de cette petite commune paisible de l’Orne, tout comme ceux de La Tombe en Seine-et-Marne ne sont pas près de passer l’arme à gauche. Ces deux villages à la toponymie pour le moins mortuaire pourraient se jumeler avec brio et s’associer à Deuil-la-Barre pour créer une confrérie bien vivante. Tous ont la particularité d’avoir un nom qui marque les esprits, comme Montcuq, dans le Lot, rendu célèbre en 1976 par un sketch de Daniel Prévost.

C’est en passant un jour par Fourtou, dans l’Aude, qu’Hanaé Lecasio a eu l’idée de partir à la recherche des noms de villages les plus loufoques et d’en faire un livre. Cette Toulousaine, qui avait déjà compulsé dans son Casse bouche sur les meilleurs virelangues, ces phrases impossibles à répéter sans se tromper, vient de sortir en autoédition Kiabitou. « J’ai regardé sur un site où figurent les 36.000 communes de France et leur histoire dans le temps. J’en ai trouvé plus de 1.000 que je trouvais drôles et originaux. J’en ai retenu que la moitié et je les ai classés par thème plutôt que par région, afin de faire découvrir au fur et à mesure tous les coins de France, donner envie aux gens d’y aller », explique cette correctrice de métier, amoureuse de la langue française.

Sur la trace des Thons et Trecon

A la section animale, on trouve ainsi Chatte et ses Chattois et Chattoises, Etalon et ses Étaloniens et Étaloniennes. Mais aussi Autruche, dans les Ardennes, ou des Autruchiens ont décidé en 1999 de lancer un élevage de ces grands oiseaux pour freiner la chute de ses populations. Des anecdotes qu’elle a glanées au fil de ses recherches. En appelant aussi souvent les mairies pour savoir comment s’appelait ses habitants, curieuse de ne rien trouver comme gentilé. « J’étais persuadé que chaque commune en avait un et j’ai découvert que ce n’était pas le cas. C’est étonnant. Ce serait bien d’en trouver un car cela donne une identité », avance Hanaé Lecasio.

Ainsi Les Thons, Casanova ou encore Les Pauvres sont à la recherche du leur. On pourrait proposer de les appeler les Beaux, les Tombeurs ou les Riches, mais c’est à ceux qui y vivent d’en juger. « Il y a des gentilés très rigolos, comme les Hanchois de Hanches, en Eure-et-Loir. Et puis ceux qui n’ont rien à voir avec le nom de la commune, comme les Couchetards qui habitant à Longcochon dans le Jura », poursuit l’auteure qui se défend d’être historienne.

Car autour d’un nom, il y a parfois diverses hypothèses sur son origine. Certaines sont connues comme pour Argentine en Savoie. Elle ne doit pas son toponyme à un aventurier revenu d’Amérique du Sud dans son village natal, mais aux mines de plomb argentifère qui y ont été exploitées durant des années. Par contre, difficile de savoir pourquoi Touille en Haute-Garonne porte cette appellation, on n’y a pas retrouvé sur place de fabrique de cuillères.

Hachiet-le-Grand, Verrue, Larrée ou encore Glaire

De même, dans ce road trip des noms, on peut se retrouver à bavarder avec des Montréalais en allant dans l’Aude, le Gers ou encore l’Yonne. Trois villages portent en effet le même nom que la métropole du Québec.

D’autres destinations sont plus imagées, comme Hachiet-le-Grand, Verrue, Larrée ou encore Glaire. Hanaé Lecasio a toutefois voulu en faire un livre familial, pour se payer une bonne tranche de rigolade, sans devoir effacer les noms trop osés. Exit le trop célèbre Montcuq, son synonyme Anus, un lieu-dit en Bourgogne, Sainte-Verge, La Trique ou encore Belbèze-de-Lauragais qui se trouve à quelques encablures d’Issus.

Elle a préféré évoquer Poissons jumelée depuis 1999 avec Avril. Et imagine d’autres associations de ce genre. Elle verrait bien Plurien et Plumieux, toutes deux en Côtes d’Armor se serrer les coudes, Les Pieux, dans la Manche, convertir Athée en Mayenne pour défier Mâlain (Côte d’Or), Pompiey répondre à Sos, ou encore voir naître une belle amitié entre Parent (Puy-de-Dôme) et Baby (Seine-et-Marne). Et pourquoi pas, voir les habitants de Saligos, Benet, Trécon, Looze et Conneaux se donner rendez-vous dans l’une ou l’autre Maisons, dans l’Aude ou l’Eure-et-Loir, pour faire démentir leur nom.

Les communes françaises aux noms burlesques rassemblées à Marans