Comment l’entreprise Camping-car Park s’est imposée dans la gestion des aires de stationnement

Sur la route des vacances en camping-car cet été, vous en avez peut-être déjà croisé une, voire plusieurs. Car depuis plusieurs années, les aires de stationnement Camping-car Park fleurissent partout en France. Lamalou-les-Bains, La Baule, Saint-Martin d’Ardèche… Il suffit de feuilleter la presse locale pour se rendre compte qu’il ne se passe pas quinze jours sans qu’une nouvelle aire de ce type ne soit inaugurée. « De 35, nous sommes passés à 400 aires, et nous en ouvrons deux en Belgique cet été, se félicite Olivier Coudrette, le directeur général de la société créée en 2011 à Pornic ( Loire-Atlantique). C’est l’équivalent de 12.000 emplacements. »

Alors que ces véhicules de loisirs rencontrent un succès fou et encore plus depuis la crise sanitaire (ils seraient plus de 2,5 millions à circuler en Europe), les fondateurs de Camping-car Park, qui emploient aujourd’hui 85 salariés, avaient anticipé les problèmes de stationnement et plus généralement de cohabitation qui allaient rapidement se poser. Pour aider les collectivités à traiter cette question parfois épineuse, la société qui se présente comme leader en Europe les conseille pour moderniser leurs aires ou campings municipaux, dont elle récupère ensuite la gestion. « On a sauvé et rendu rentables un certain nombre de sites qui étaient un gouffre financier pour les communes, assure Olivier Coudrette. Il fallait aussi une alternative au camping sauvage, avec les considérations écologiques qui peuvent se poser comme la gestion des déchets ou des eaux usées… »

Des aires sécurisées mais plus standardisées

Moyennant un tiers des recettes, le sous-traitant s’occupe de tout, du planning d’occupation au paiement en passant par la fourniture en eau, électricité ou Wifi. Grâce à une appli, leurs 550.000 utilisateurs peuvent repérer une aire du réseau, lire les avis et consulter les prix (de 10 à 12 euros la nuitée en moyenne), et même réserver en avance leur emplacement. L’arrivée s’effectue ensuite à n’importe quelle heure du jour et de la nuit grâce à un badge qui actionne la barrière. « S’il y a un problème, nous avons un centre d’appel qui répond en neuf langues, complète Olivier Coudrette. Les collectivités se rendent compte que l’accueil se passe mieux quand c’est sécurisé, confortable et propre. Avoir des touristes qui consomment localement, c’est aussi très bénéfique pour les commerçants. »

Mais l’entreprise, qui affiche un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros et s’ouvrira bientôt à l’Espagne, l’Allemagne et au Portugal, ne fait pas que des convaincus. Car ces aires, plus standardisées, ne collent pas avec l’état d’esprit revendiqué par certains voyageurs. « Notre philosophie, c’est la liberté, estime Christian Millot, vice-président de la Fédération française des associations et clubs de camping-cars. Or dans certaines communes désormais, on est obligé d’acheter une carte, car c’est Camping-car Park ou rien ! » D’après le représentant, certaines municipalités auraient profité d’avoir contractualisé avec l’entreprise pour interdire dans la foulée le stationnement des campings-cars ailleurs que sur l’aire. « Moi, j’appelle ça du parquage, poursuit Christian Millot. Il faut bien sûr respecter les autres, mais sans autant nous contraindre. »