France

Comment l’émoji pizza a été détourné pour cacher des actes de pédocriminalité ?

Un simple dessin peut cacher le pire de l’humain… C’est ce qu’à découvert la plateforme Pharos après plusieurs signalements autour de l’émoji « pizza ». Pas de polémiques bon enfant sur le (mauvais) goût de la hawaïenne mais des pédocriminels en puissance. Dans une vidéo publiée sur X, la police nationale explique : « Vous êtes nombreux à nous signaler un phénomène inquiétant sur les réseaux sociaux et notamment sur TikTok. Des comptes, avec un émoji pizza dans leur pseudo, mettant en avant des images de jeunes filles mineures, parfois dans des poses suggestives. »

Un émoji simple pour tromper l’algorithme TikTok comme la « pastèque » pour parler de la Palestine sans se faire bannir. Mais ici, on parle d’images potentiellement pédopornographiques. Cette pizza est utilisée pour se reconnaître entre potentiels criminels et s’attirer vers une autre plateforme où ils pourront consommer des vidéos pédopornographiques. Un détournement qui prend sa source dans l’étymologie anglophone bien arrangée : « cheese pizza » qui est un alias de « child porn », « cp », selon BFM.

Ce n’est, malheureusement, pas le seul émoji qui cache une essence illégale. Trafic de drogue, actions racistes ou symbole de suprématie blanche, 20 Minutes revient sur les émojis, connus, qui sont détournés.

De véritables BD d’émojis pour vendre de la drogue

Les pros du détournement des réseaux sociaux sont bien les trafiquants de drogue. Snapchat utilisé comme un site marketing, Tiktok comme publicité et Telegram comme point de vente, les dealers ne manquent pas d’imagination pour se cacher aux yeux de tous et ça commence par le plus basique : les émojis. Mais pas une simple pilule, ou un flocon de neige pour la cocaïne par exemple mais une série d’émojis qui présente le type de drogue vendu et il faut bien connaître les codes comme le montre le média Zataz.

Zataz a présenté les séries d'éomjis qui décrivent les drogues vendues. La cocaïne par exemple utilise le flocon de neige, le nuage neige, le bonhomme de neige, un diament, la boule de billard huit, une clé, un smiley qui tire la langue et un poisson.
Zataz a présenté les séries d’éomjis qui décrivent les drogues vendues. La cocaïne par exemple utilise le flocon de neige, le nuage neige, le bonhomme de neige, un diament, la boule de billard huit, une clé, un smiley qui tire la langue et un poisson.  - D.Bancal

Un coeur et un dragon pour l’héroïne ou une pilule, du chocolat et un bus pour le Xanax. Ces mots codés et émojis sont conçus pour échapper à la détection des forces de l’ordre et aux algorithmes préétablis utilisés par les plateformes de médias sociaux. Un véritable écran de fumée.

Les très nombreux symboles xénophobes de l’extrême droite

L’extrême droite n’est pas en reste non plus quand il s’agit d’utiliser des iconographies pour se reconnaître, rapporte Indextreme qui répertorie tous les symboles réappropriés par l’extrême droite en France. Côté émojis, ils en utilisent plusieurs. Le premier, sans trop de surprise au vu de la conjoncture : le cochon. L’animal est ainsi utilisé comme un symbole assumé d’islamophobie. Régulièrement des personnes se filment disposant des lardons dans un rayon halal et dans le pire des cas, des têtes de porcs, du sang ou du jambon sont balancés sur des mosquées.

Toujours sans grande surprise : la fleur de lys qui a envahi les pseudos de nombreux internautes notamment sur X et TikTok. Chez l’extrême droite, la fleur de lys a été largement banalisée par l’Action Française et d’autres organisations royalistes. Néanmoins, certains groupuscules radicaux utilisent ce symbole pour revêtir une connotation spécifiquement antisémite, homophobe, transphobe et islamophobe.

Le troisième est une enseigne de barbier. Un poteau, bleu, blanc, rouge. Selon Numerama, cet émoji est utilisé depuis 2019 sur les comptes X pour célébrer la mort de jeunes de quartiers racisés. Il signifie pour ses adeptes le « Saint poteau », en référence au décès d’un jeune, mort Ibrahima Bah survenu après l’emboutissage d’un poteau. Depuis, l’enseigne barbier est utilisé à chaque décès d’un jeune estimé par l’extrême droite comme « racaille » et/ou racisés.

D’un Ok au KKK

L’émoji « Ok » a été détourné depuis 2017 pour symboliser la « suprématie blanche », tout comme le verre de lait ou la cartosphère. Le détournement a eu lieu dans le cadre d’une campagne baptisée “Opération O-KKK”. L’association du geste avec la suprématie blanche découle de l’affirmation que les trois doigts maintenus ressemblent à un « W » et le cercle fait avec le pouce et l’index ressemble à la tête d’un « P », représentant ensemble « White Power ».

Ce geste est largement utilisé par l’ensemble de l’extrême droite, dont les nationalistes, les identitaires, les néo-nazis, etc. En 2019, Marine Le Pen et Ruuben Kaalep, suprémaciste blanc membre de Sinine Äratus, ont été photographiés faisant ce geste. En 2021, Karim Bouchagour, un Niçois de 38 ans, a été photographié avec deux policiers. Les trois font le signe avec la main connu au sein de l’extrême droite. À savoir : le « O-KKK », qui fait également référence au Ku Klux Klan, organisation violente et raciste des États-Unis.