Comment la ville de Montpellier veut sécuriser le chemin des écoliers

Aux abords d’un établissement scolaire, dans le quartier Saint-Martin, à Montpellier — Ville de Montpellier

  • La ville de Montpellier veut sécuriser les chemins des écoliers.
  • La commune lance un appel aux associations pour développer des vélobus et des pédibus, qui visent à encadrer des enfants pour aller à l’école à pied ou à vélo.
  • Des agents seront également recrutés pour sécuriser les abords des établissements.

La mairie de Montpellier (Hérault) veut sécuriser le chemin des écoliers. Plusieurs mesures, dont certaines sont déjà en cours d’expérimentation, ont été annoncées par la commune. Exit les voitures garées en double file aux abords des établissements, le matin et le soir : l’objectif de la mairie, à terme, c’est que les enfants se rendent en classe à pied ou à vélo. L’enjeu, explique le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), est que les parents sentent que leurs enfants « peuvent aller à l’école en toute sécurité, et fassent le choix de ne pas y aller en voiture ».

C’est une question, aussi, éducative, assure Fanny Dombre-Coste (PS), l’élu en charge des écoles. « Il est évident qu’un enfant qui arrive dans une voiture, avec ses parents, un peu énervés parce qu’ils sont en retard, dans les embouteillages, n’est pas dans les meilleures conditions d’apprentissage par rapport à un enfant qui vient tranquillement à l’école à pied ou à vélo dans un environnement apaisé », assure l’ancienne députée.

Un nouveau type de ramassage scolaire

L’arsenal de sécurisation des abords des écoles, annoncé par la ville de Montpellier, comprendra notamment la généralisation prochaine d’une vitesse limitée à 30 km/h, ainsi que des aménagements sur la voirie pour protéger les enfants. Mais pas seulement.

La mairie de Montpellier souhaite également doter les abords des écoles les plus exposées à la circulation automobile d’« agents de protection de l’école », chargés d’encadrer les enfants en toute sécurité aux heures d’entrée et de sortie des classes, quand ils traversent la route. Des agents de la commune, mais aussi des retraités, contre une rémunération pour compléter leur pension, pourraient être mobilisés. Ils seront équipés d’un gilet jaune fluorescent, d’un sifflet et d’un panneau « stop ». « La police municipale fait sa part de la sécurisation, mais ne peut pas être présente aux abords de l’intégralité des 126 écoles, matin, midi et soir », pointe Sébastien Cote (PS), l’élu en charge de la sécurité. L’expérimentation, à laquelle seront associés les parents et la communauté éducative, sera lancée en 2021. Elle bénéficiera, dans un premier temps, aux écoles « les plus dangereuses », reprend l’élu, avant d’être étendue.

Alenka Doulain souhaite que la mission soit confiée à des policiers municipaux

Lors du dernier conseil municipal, le 30 novembre, Alenka Doulain (Nous sommes), a fait part de ses doutes quant au statut de ces agents. « L’intention semble louable, mais, comme souvent, le diable se cache dans les détails : le statut de ces nouveaux agents, qui ne travailleront que quelques heures par jour, nous interroge, a expliqué l’élue d’opposition. Cela ne nous semble pas digne de cette mission. Nous demandons que la mairie de Montpellier ne précarise pas une fois de plus des personnels en créant des emplois peu rémunérés et à temps partiel. […] Nous estimons que ces missions pourraient être assurées par des agents de la police municipale, ils auront les compétences et l’autorité. » Cela nécessiterait des embauches, note Alenka Doulain.

La conseillère municipale regrette, par ailleurs, que la mairie ne s’attaque à la sécurisation des écoles que par « un petit bout de la lorgnette ». C’est, selon l’élue, une « occasion ratée de faire un diagnostic plus global sur la sécurisation des écoles. […] Il y a la problématique de la Sécurité routière, mais aussi celle des écoles qui sont aux abords de points de deal, la question des seringues et de la toxicomanie. »

Par ailleurs, un appel a été aussi lancé aux associations, pour développer des pédibus, et des vélobus : un nouveau type de ramassage scolaire, déjà adopté dans plusieurs villes de France, qui consiste « pour des parents d’élèves volontaires à encadrer un groupe d’enfants qui marchent ou pédalent en direction de l’école, sur un trajet balisé, avec des arrêts dédiés et des horaires à respecter, explique la ville de Montpellier. Les gains sont multiples : gain de temps, sécurité des enfants, moins de circulation, moins de stationnement anarchique, moins de pollution sonore et atmosphérique. »

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