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Colère agricole : Les préfets du Tarn et Tarn-et-Garonne se plaignent des dégradations

Les préfets du Tarn et du Tarn-et-Garonne ont annoncé ce mercredi leur intention de déposer plainte après d’importantes dégradations constatées lors de blocages menés en décembre sur des axes routiers et des bâtiments publics. Au 31 décembre, « 67,7 % du cheptel », soit 481.967 bovins, étaient vaccinés dans les dix départements du Sud-Ouest concernés.


Les mobilisations des agriculteurs contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) prennent un tournant judiciaire. Les préfets du Tarn et du Tarn-et-Garonne ont annoncé ce mercredi leur intention de porter plainte suite à d’importantes dégradations observées lors des blocages effectués en décembre sur des routes et des bâtiments publics, dans un contexte de tension liée à la crise sanitaire bovine.

Dans le Tarn, la préfecture a précisé que la plainte serait déposée une fois le chiffrage des dégâts finalisé. Des agriculteurs ont occupé la RN88, un axe majeur près d’Albi, du 12 au 24 décembre. À leur départ, ils ont laissé « des volumes considérables de déchets », nécessitant des opérations de remise en état à partir du 26 décembre. Une partie des déchets a dû faire l’objet d’un désamiantage réalisé mardi pour un coût de 38.000 euros, avant la réouverture progressive de la circulation.

Dans le Tarn-et-Garonne, le préfet a également décidé de saisir la justice après plusieurs dégradations. Le 14 décembre, à Castelsarrasin, un « grand portail en bois historique » a été enfoncé par un tracteur, suivi le lendemain de l’endommagement d’un portail de la Direction départementale des territoires (DDT) de Montauban. Selon la préfecture, le coût global des manifestations dans le département est estimé à 185.000 euros, incluant « déversements, nettoyage, traitement, avec notamment du glyphosate et de l’amiante dans les déchets ».

La contestation a également touché la presse régionale. Le quotidien *La Dépêche du Midi* a annoncé son intention de porter plainte après qu’une de ses agences locales a été ciblée dans le Gers, confirmant ainsi l’extension des actions au-delà des seules infrastructures de l’État, sur fond de colère persistante contre la stratégie sanitaire gouvernementale.

Sur le terrain, les blocages n’étaient pas totalement levés à la fin de l’année. Selon la gendarmerie, des actions se poursuivaient sur l’A64 à Carbonne, en Haute-Garonne, et sur l’A75 en Lozère. En Aveyron, la Coordination rurale a en revanche levé son barrage, exprimant son attente vis-à-vis des rencontres annoncées entre syndicats agricoles et gouvernement. En Haute-Garonne, l’intersyndicale déclare vouloir « maintenir la pression », incluant une manifestation prévue samedi à Toulouse.

Parallèlement, la campagne de vaccination avance rapidement dans les zones les plus touchées. En Ariège, l’ensemble du cheptel bovin est désormais vacciné, après l’abattage mi-décembre de 207 vaches suite à un cas de DNC. Dans les dix départements du Sud-Ouest concernés, « 67,7 % du cheptel », soit 481.967 bovins, étaient vaccinés au 31 décembre. Le ministère de l’Agriculture précise que les restrictions de circulation demeurent strictes dans les zones réglementées, tandis que, dans les zones indemnes, les mesures seront allégées à partir de vendredi.