Colère agricole : « Ce n’est pas la neige qui nous arrêtera » à Paris.
Des agriculteurs conduisant des dizaines de tracteurs se dirigent vers Paris pour manifester jeudi matin, malgré les températures négatives et les chutes de neige. Trois agriculteurs ont été interpellés mercredi sur la nationale 12 dans les Yvelines, selon la préfecture, pour ne pas avoir respecté l’interdiction de circulation des tracteurs.
Des agriculteurs conduisant des dizaines de tracteurs se dirigent vers Paris depuis plusieurs jours, affrontant des températures négatives et de la neige. Leur but est de manifester, jeudi matin, dans la capitale, pour « sauver l’agriculture française ».
Les raisons de leur mécontentement sont multiples : épizootie de dermatose bovine (DNC), cours du blé en hausse, prix des engrais élevés et la menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains. Les conditions climatiques et les restrictions de circulation n’ont pas dissuadé les agriculteurs de poursuivre leur mouvement.
« Je pense que nous sommes plutôt aidés par le temps », déclare à 20 Minutes un membre de la Coordination Rurale. « La neige facilite le passage, car une partie des gendarmes est mobilisée pour d’autres tâches, y compris la circulation. De plus, un tracteur passe plutôt bien sur la neige. Les arrêtés préfectoraux pour limiter la circulation des engins agricoles sont temporaires et n’ont pas suffi à nous empêcher de progresser. »
Cyril Caria, agriculteur en Corse, confirme que les intempéries n’ont pas été un obstacle. « Nous avons eu un peu de neige près de Gap, mais même ceux qui en ont eu plus près de Paris n’ont pas été gênés, à part par le froid. Un tracteur avance ; ce n’est pas la neige qui nous arrêtera. » Toutefois, il a dû abandonner son tracteur mardi à Grenoble et terminer son trajet en train vers Paris en raison de barrages de police. « Nous avons débarqué à Marseille mardi matin, mais avons été bloqués par les gendarmes. Nous avons réussi à repartir vers 19 heures, roulant toute la nuit malgré l’interdiction, jusqu’à récupérer l’équipe des Hautes-Alpes à Gap, avant de fil vers Grenoble. Face aux nouveaux blocages, nous avons laissé nos engins là, car nous ne serions jamais arrivés à temps à Paris. »
Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale, a exprimé sur France Inter, mercredi matin, son étonnement face à un tel déploiement de moyens alors que la manifestation était annoncée comme pacifique. Il a ajouté : « Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais nous arriverons dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances. »
Mercredi, trois agriculteurs ont été interpellés à bord de leurs tracteurs sur la nationale 12 dans les Yvelines, a rapporté la préfecture à l’AFP. « Des tracteurs non yvelinois ont été contrôlés par la gendarmerie et se sont enfuis, refusant de se soumettre au contrôle et mettant en danger la sécurité des gendarmes et des automobilistes », a-t-elle précisé. « Aucun blessé n’est à déplorer » après qu’un véhicule de la gendarmerie a été percuté par l’arrière.
Le contrôle a eu lieu car ces engins « ne respectaient pas l’interdiction de circulation des tracteurs […] hors motifs légitimes liés à des travaux agricoles », a ajouté la préfecture. Les trois personnes interpellées circulaient à contresens sur la RN12 à bord de deux tracteurs. Quatre autres tracteurs avaient formé un mur de neige sur la route pour bloquer le trafic avant d’être poursuivis par un véhicule de patrouille. Selon une source policière, ces tracteurs appartiennent à des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) des Landes.

