« Close » : Les histoires d’amitié aussi finissent mal en général

Chez 20 Minutes, on aurait bien donné la Palme d’or à Close de Lukas Dhont, l’un des plus beaux films de l’année. Cette histoire tragique de deux jeunes garçons qui s’aiment d’amitié a bouleversé les spectateurs au point que certains sont tombés en larmes dans les bras les uns des autres à l’issue de la projection.

Le réalisateur belge, qui avait obtenu la Caméra d’or en 2018 pour Girl, et pour ce film le Grand prix du jury, confirme son talent pour faire partager les douleurs de l’adolescence et débusquer de jeunes acteurs sublimes. Eden Dambrine et Gustav de Waele, débutants devant la caméra, incarnent brillamment ses héros. « J’ai voulu démontrer que les actes ont des conséquences même quand on est très jeune », explique Lucas Dhont à 20 Minutes.

A cet âge, il n’est pas encore question de sexualité

Les adolescents âgés de 13 ans débarquent ensemble dans le même collège et doivent faire face aux questions de leurs camarades sur la nature de leur relation. « C’est l’âge où les adolescents peuvent être fusionnels sans qu’il soit pour autant question de sexualité. Leur relation pourrait évoluer dans ce sens, ou pas, mais ce n’est pas le sujet de mon film », explique le réalisateur. Comme en amour, les choses sont douloureuses si l’un s’investit plus que l’autre dans une relation et que l’abandon conduit à un drame irréparable. Il s’agit ensuite de gérer son chagrin et sa culpabilité.

« Quand j’étais adolescent, j’avais du mal à vivre l’intimité en amitié. Je me sens encore coupable d’avoir laissé tomber certains camarades de l’époque », avoue Lukas Dhont. Est-ce parce qu’il a puisé dans ses souvenirs que Close sonne si juste ? Sa subtilité pour capter les rapports entre les personnages est aussi évidente qu’il filme les enfants ou les adultes (Emilie Dequenne et Léa Drucker sont toutes deux brillantes en mamans). Peut-être est-ce aussi tout simplement parce qu’il montre des personnages dignes auxquels il est facile de s’identifier que son cinéma émeut à ce point. « J’ai essayé de rester sobre en ne poussant jamais vers l’excès dans l’expression des sentiments aussi puissants soient-ils », précise le cinéaste. Il est difficile de l’imiter et de ne pas réagir de façon passionnelle en voyant Close qui provoque des rafales d’émotions si intenses qu’il est conseillé de prévoir des mouchoirs avant d’entrer dans la salle.