Climat : Une étude suggère une sous-estimation des océans élevés
Une étude publiée dans la revue Nature indique que l’élévation du niveau des océans le long des côtes mondiales pourrait atteindre en moyenne environ 0,3 mètre de plus que les estimations actuelles. Selon les auteurs, « une élévation hypothétique du niveau de la mer de 1 m pourrait submerger jusqu’à 37 % de terres supplémentaires ».
Et si la montée des océans était largement sous-estimée ? Une étude scientifique publiée mercredi dans la revue *Nature* indique que l’élévation du niveau des océans le long des côtes mondiales pourrait être plus importante que ce que montrent les estimations actuelles. Selon les chercheurs, cette sous-évaluation pourrait affecter l’analyse des risques liés au changement climatique ainsi que les stratégies d’adaptation mises en place par les États.
Les analyses réalisées par deux scientifiques montrent que l’écart entre les estimations actuelles et le niveau réel de la mer pourrait atteindre en moyenne environ 0,3 mètre. Dans certaines zones, ces différences pourraient être considérablement plus élevées. L’étude met en évidence des écarts de 1 à 1,5 mètre dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est et du Pacifique, des régions déjà vulnérables aux typhons, inondations et risques de submersion.
### L’ensemble de la planète concernée
Des sous-estimations ont également été identifiées dans d’autres parties du globe, y compris en Amérique latine, sur la côte ouest de l’Amérique du Nord, dans les Caraïbes, en Afrique, au Moyen-Orient et dans la région indo-pacifique. Certaines petites îles très basses se révèlent particulièrement menacées, comme l’archipel de Tuvalu, qui doit accueillir une réunion préparatoire à la conférence de l’ONU sur le climat COP31 et qui pourrait, selon les estimations actuelles, être submergé d’ici à la fin du siècle.
Les auteurs de l’étude soulignent qu’il est « nécessaire de réévaluer et, dans la plupart des cas, de mettre à jour la méthodologie sous-jacente de toutes les études existantes sur les risques côtiers ». Selon eux, les écarts identifiés révèlent un « angle mort » aux « conséquences considérables » pour les populations vivant sur les littoraux et pour les politiques publiques d’adaptation au changement climatique.
### Jusqu’à 37 % de terres supplémentaires submergées
Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont comparé 385 articles scientifiques publiés entre 2009 et 2025. Ils ont également analysé des méta-analyses et des observations satellites pour mesurer l’écart entre les niveaux de la mer estimés et ceux réellement observés. Les auteurs soulignent que plus de 90 % des études reposent sur des modèles gravitationnels appelés géoïdes qui « ne prennent en compte que la gravité et la rotation de la Terre et négligent d’autres facteurs déterminants du niveau de la mer, tels que les marées, les courants et les vents ».
Comme l’explique Philip Minderhoud, chercheur à l’université de Wageningen et coauteur de l’étude, « d’une certaine manière, elle vous donne la surface des océans dans une situation calme. Donc, sans perturbations ». Selon l’étude, le niveau de la mer pourrait être sous-estimé de 0,24 à 0,27 mètre selon le modèle utilisé, certains écarts atteignant même 5,5 à 7,6 mètres. Dans ce contexte, « une élévation hypothétique du niveau de la mer de 1 m pourrait submerger jusqu’à 37 % de terres supplémentaires ».

