France

Climat : Les émissions de gaz à effet de serre ne baissent pas assez

Les émissions de gaz à effet de serre de la France ont reculé de -1,6 % en 2025, ce qui est en deçà du rythme nécessaire pour atteindre la neutralité carbone. L’Union européenne vise une réduction de -90 % en 2040 par rapport à 1990, alors qu’elle n’en était qu’à -37 % en 2023.


Les émissions de gaz à effet de serre de la France diminuent, mais de manière timide. Après des baisses plus importantes en 2022 (-3,9 %) et 2023 (-6,8 %), un ralentissement se dessine également en 2024 avec une diminution de -1,8 %. En 2025, la France prévoit une baisse limitée à -1,6 %, ce qui la place en deçà du rythme nécessaire pour atteindre la neutralité carbone.

À l’instar de l’Allemagne et d’autres pays développés, la France a du mal à progresser, malgré des températures record et l’augmentation continue des coûts associés aux événements climatiques extrêmes. « La France devrait accélérer la sortie des énergies fossiles pour sa propre souveraineté et sa sécurité. Malheureusement, nous en sommes loin », a déclaré Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat (RAC).

### Certains secteurs encore à la traîne

Les secteurs des transports, des bâtiments (chauffage, climatisation…) et de l’énergie sont parmi les plus en retard dans leur transition vers une économie bas carbone. Le secteur industriel présente une baisse de -3,4 %, attributée à une réduction continue de l’activité, notamment dans les domaines de la chimie, de la production de ciment et de la métallurgie.

L’agriculture parvient à réduire ses émissions en raison d’une diminution du cheptel bovin, tandis que le secteur des transports observe une légère baisse de sa consommation de carburants. Les bâtiments enregistrent une réduction modeste en lien avec les fluctuations de consommation de fioul et de gaz, mais restent éloignés des objectifs fixés. Les émissions du secteur énergétique demeurent quasi stables, bien que la production d’électricité soit déjà largement décarbonée, soutenue par le nucléaire et le développement des énergies renouvelables.

### Un effort insuffisant pour les objectifs 2030

Cette « faible diminution des émissions » demeure « en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs 2030 », selon le Citepa, qui estime qu’un effort moyen de -4,6 % par an est requis d’ici 2030, conformément à la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3). « Il est plus que temps de prendre au sérieux le risque climatique, mais aussi géopolitique que nous impose notre dépendance à des énergies fossiles largement importées, et que la classe politique s’accorde sur des mesures concrètes pour agir, en soutenant les acteurs les plus impactés », a ajouté Anne Bringault.

Le Haut conseil pour le climat avait déjà mis en garde l’an dernier sur la nécessité d’« accélérer fortement » la réduction des émissions, alors qu’elle dépendait « en grande partie de facteurs conjoncturels », tels que la météo. L’Union européenne vise une réduction de -90 % d’ici 2040 par rapport à 1990, alors qu’elle n’avait atteint qu’une diminution de -37 % en 2023.