« Citoyen d’honneur » : Mohamed Hamidi veut réconcilier l’Algérie d’hier et celle d’aujourd’hui

Si on regarde le mot « bienveillant » dans un dictionnaire, on pourrait avoir la surprise d’y trouver une photo de Citoyen d’honneur de Mohamed Hamidi, découvert au Festival du film francophone d’Angoulême. Le réalisateur de Né quelque part y renvoie un écrivain en panne d’inspiration, joué par Kad Merad, dans le petit village algérien de son enfance où il est honoré après avoir reçu le prix Nobel.

« Il va découvrir que les choses ont bien changé en trente-cinq ans, confie le cinéaste à 20 Minutes. Cela va lui permettre de retrouver ses racines et son enthousiasme. » Le romancier croise des Algériens attachants incarnés par Fatsah Bouyahmed (La Vache), Oulaya Amamra (Divines), Brahim Bouhlel (Validé) et même Jamel Debbouze lors d’une apparition savoureuse. Ces rencontres sont bénéfiques pour toutes et tous.

Un retour tout en nuances

« Notre héros a un peu oublié d’où il venait, bien qu’il se soit largement inspiré de son passé pour écrire ses livres, explique Mohamed Hamidi. Ce voyage lui permet de réconcilier l’Algérie d’hier et celle d’aujourd’hui. » Cette comédie tendre est largement moins féroce que le Citoyen d’honneur (2016) de Mariano Cohn et Gaston Duprat dont le film est librement inspiré. « Je n’ai souhaité me montrer méchant avec personne, insiste le réalisateur. J’estime que les spectateurs ont plus besoin de douceur que de férocité par les temps qui courent. » Cela ne l’empêche pas de révéler à quel point la jeunesse algérienne, surtout féminine, doit lutter pour faire entendre sa voix, dans un pays misogyne et corrompu.

« Citoyen d’honneur est à la fois le portrait d’un homme qui s’est perdu et un tableau d’un pays que se cherche », ajoute le réalisateur. On rit de bon cœur quand le romancier est promené dans son village en camion ou qu’il doit gérer un troupeau d’ovins qui bloque sa voiture. Mais le rire s’étrangle face aux pressions mafieuses qu’il subit ou quand il retrouve une camarade de jeunesse qui lui rappelle ses luttes estudiantines.

« Je pense que le film peut intéresser toutes les générations de spectateurs dans la mesure où il traite de sujets qui parlent à tous les âges », insiste le cinéaste. Thème universel, la famille sous toutes ses formes est au centre de ce Citoyen d’honneur qui confirme à quel point Mohamed Hamidi sait aimer et faire aimer ses personnages.