Chute mortelle à Besançon : Les enregistrements semblent confirmer la version de la police

Ni hurlement, ni bruit de coup, affirme le parquet. L’écoute des enregistrements réalisés pendant la course-poursuite du 23 juillet à Besançon semble corroborer les dires des policiers et du gérant de l’établissement. Ils nient toute responsabilité dans le décès de Seïf Eddine, 24 ans, tombé d’une muraille de 4,50 m alors qu’il s’enfuyait après une altercation devant une discothèque.

Décédé de ses blessures le 24 juillet au CHU de Besançon, le jeune homme s’était présenté dans la nuit vers 03h00 à la porte de la discothèque dont l’accès lui avait été refusé. 

« C’est l’état d’excitation important dans lequel il se trouvait qui a amené les portiers à lui refuser l’accès » et « absolument pas un motif racial », affirme le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux.

« Jamais au contact »

Seïf Eddine avait alors dégradé partiellement une caméra de vidéosurveillance avant de fuir, poursuivi par un videur et le gérant de l’établissement, un ancien fonctionnaire de police. 

Les policiers, appelés sur les lieux, avaient éclairé avec leur lampe torche l’homme en fuite alors qu’il se trouvait sur la pente très forte de la Citadelle de Besançon. Ils avaient « très peu de temps après entendu un bruit sourd » et demandé l’intervention des pompiers et du Samu, toujours selon le magistrat.

Les policiers et le gérant sont restés en permanence en communication téléphonique avec le Centre d’information et de commandement de la police lors de la poursuite et « à aucun moment on n’entend des hurlements, des coups », a précisé Etienne Manteaux, parlant d’une « avancée importante de l’enquête ».

« L’exploitation de ces bandes audio est totalement compatible avec la version donnée jusqu’alors par les policiers et par ce gérant de discothèque et son salarié », a-t-il insisté, ajoutant que « les policiers n’ont jamais été au contact » du jeune homme avant sa chute.

Une marche blanche en mémoire de la victime a réuni dimanche 200 participants selon les organisateurs et 90 selon la police, alors que son père Karim Boulazreg avait assuré à l’AFP que son fils avait « été battu à mort », exigeant « la justice et la vérité ».