Chine : Trois astronautes ont décollé vers la station spatiale chinoise

La fusée chinoise Longue-Marche 2F a décollé de Jiuquan à 9 heures 22 le 17 juin 2021. — AFP

La Chine continue de se positionner comme un acteur majeur de la conquête spatiale. La réussite de la nouvelle mission de ce jeudi est même une question de prestige pour Pékin, qui s’apprête à célébrer le 1er juillet le centenaire du Parti communiste chinois (PCC). Trois astronautes chinois ont ainsi décollé à destination du « Palais céleste » que Pékin assemble face à la Station spatiale internationale (ISS).

A l’heure prévue, la fusée Longue-Marche 2F a quitté à 9 heures 22 son pas de tir du centre de lancement spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi. Il s’agit du premier vol habité pour la Chine depuis près de cinq ans et d’un record de durée dans l’espace en perspective pour le géant asiatique : les trois astronautes vont rester trois mois en orbite.

Une station semblable en taille à l’ex-station soviétique Mir

Les trois militaires ont pris place à bord du vaisseau Shenzhou-12 qui s’arrimera à l’unique module de la station déjà dans l’espace. Centre de contrôle et lieu de vie des astronautes, ce module a été placé fin avril en orbite terrestre basse (à 350-390 km d’altitude). A son bord, ils ne chômeront pas : maintenance, installation de matériel, sorties dans l’espace, préparation des missions de construction à venir et des séjours des futurs équipages.

Appelée Tiangong («Palais céleste »), la station spatiale chinoise, une fois terminée, sera semblable en taille à l’ex-station soviétique Mir (1986-2001). Sa durée de vie sera d’au moins 10 ans. La Chine s’est résolue à construire sa propre station dans l’espace après le refus des Etats-Unis de la laisser participer à l’ISS. Cette dernière, qui réunit les Etats-Unis, la Russie, le Canada, l’Europe et le Japon, doit prendre sa retraite en 2024, même si la Nasa a évoqué une prolongation possible au-delà de 2028.

Dans cette opposition avec l’Occident, la mission de ce jeudi a surtout des allures patriotiques. Juste avant leur départ, le commandant de la mission, Nie Haisheng, accompagné de Liu Boming et Tang Hongbo, ont ainsi dit adieu à leurs proches et à leurs collègues lors d’une cérémonie au cours de laquelle a retenti un vieux refrain révolutionnaire : « Pas de Chine nouvelle sans le Parti communiste ». Nie Haisheng, qui a déjà effectué deux vols spatiaux, a lui aussi souligné cette dimension patriotique de l’opération : « depuis des décennies, nous avons écrit de glorieux chapitres de l’histoire spatiale chinoise et notre mission incarne les attentes du peuple et du Parti lui-même ». La compétition spatiale est donc bien lancée.

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