Chauffage : Le prix du pellet flambe, les poêles et chaudières à granulés valent-ils encore le coup ?

Des petites billes difformes qui valent de l’or… Depuis quelques mois, les tarifs des granulés de bois ont littéralement flambé. « C’est simple, j’avais acheté ma palette 265 euros la tonne en septembre 2021 et là, le même fournisseur la vend 850 », témoigne un père de famille de la région de Metz, en Moselle.

Cette augmentation soudaine peut s’observer partout en France. Avec souvent, un prix multiplié par deux voire trois d’une année à l’autre. « Mais tout le monde n’est pas à 800 euros », nuance Eric Vial, le délégué général de Propellet, l’association nationale des professionnels du chauffage au granulé de bois. « Le prix moyen est environ à 550 euros la tonne, alors que c’était plutôt 350 euros il y a un an. »

Pourquoi une telle hausse ? Les raisons sont les mêmes que pour de nombreux autres produits : tensions internationales, inflation, hausse des cours de l’énergie… « Nos coûts de production ont très fortement augmenté », confirme le spécialiste. Mais il lie aussi le phénomène à la panique des consommateurs.

« C’est le fruit d’une panique générale. Avec les tensions sur les énergies, les gens ont pris peur et ont voulu sécuriser leurs approvisionnements. Depuis mars, selon les mois, la demande a été deux à six fois supérieure à d’habitude. Donc on ne pouvait plus suivre. Mais il n’y a pas eu de pénurie et il n’y en a toujours pas », insiste Eric Vial en regrettant que la filière ait été pointée du doigt. Jusqu’à être accusée de profiter de la conjoncture pour accentuer ses bénéfices.

Un poêle à granulés.
Un poêle à granulés. – DR

Certains foyers, eux, ont pu se sentir désemparés devant la flambée des tarifs. Quand ils trouvaient ces fameux granulés… Ce n’est pas le cas partout actuellement. « Non, on n’en a plus depuis le mois de mai », explique un revendeur en Alsace. Un de ses confrères de la même région a mis ses clients sur liste d’attente « depuis juillet ». « Je viens de recevoir des palettes mais elles sont toutes réservées. Ca part à 700 euros la tonne », explique une employée, dont l’entreprise importe les précieux combustibles.

« Les granulés n’ont pas vocation à remplacer toutes les énergies »

En France, il s’en est brûlé 2,4 millions de tonnes en 2021, dont 85 % étaient produits sur le territoire. « Et on devrait atteindre 2,6 millions en 2022 », reprend Eric Vial en défendant un secteur « qui bouge, qui se développe. La filière est à fond et on va augmenter nos capacités de production de 300.000 tonnes cette année, puis autant les années suivantes. On fait le maximum mais les granulés n’ont pas vocation à remplacer toutes les énergies. »

Selon Propellet, « en 2020, 1,3 million de foyers français étaient équipés d’un chauffage à granulés, principal ou d’appoint » et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Jusqu’à quand ? Ceux qui auraient voulu s’y convertir pourraient-ils être rebutés par ce prix du pellet qui varie tant ? « C’est sûr que je ne m’attendais pas à devoir payer 800 euros au lieu de 265 euros la tonne », râle notre père de famille mosellan, sans pour autant regretter son achat. « Notre poêle a beaucoup d’avantages. C’est propre, pratique, confortable… »

« Et très vertueux écologiquement car on utilise une ressource renouvelable », ajoute le délégué général de l’association nationale des professionnels du chauffage au granulé de bois. « Sans oublier que ça crée de l’emploi local. » Lui ne veut pas croire à un prochain désamour des Français pour les produits qu’il promeut. « Surtout ceux qui se sont équipés récemment. Vu l’investissement (de 4.000 euros pour un poêle d’appoint à 18.000 hors aides pour une chaudière), ils ne vont pas reculer », ajoute une vendeuse de pellets, en espérant que le prix des combustibles revienne à des niveaux convenables. « Quand tous les gens auront leur stock, ça ira mieux ! »

« Je demande aux consommateurs d’être calmes, patients et de faire dans la sobriété. Deux degrés de moins à la maison, c’est 14 % d’économies », conclut Eric Vial.