Chasse : « Le loisir le plus encadré par la loi »… Les chasseurs « soulagés » de pouvoir continuer à tirer le dimanche

Ils se sont levés tôt pour profiter du dernier jour de chasse au petit gibier en Ille-et-Vilaine. Ce dimanche matin, c’est du côté de Gahard, au nord de Rennes, qu’André Douard et trois amis chasseurs se sont donnés rendez-vous pour débusquer lapins, lièvres et perdrix. Après plusieurs heures à battre la campagne, le tableau de chasse se révèle plutôt maigre avec seulement une faisane dans la besace. Mais l’essentiel était ailleurs selon le président de la fédération des chasseurs du département. « On a profité d’un bon bol d’air entre amis et c’est le principal », indique le septuagénaire, balayant d’un revers de main l’idée selon laquelle les chasseurs seraient tous des tueurs sanguinaires. « Il ne faut pas imaginer que l’on rentre de la chasse les poches pleines, assure-t-il. Le but d’une partie n’est d’ailleurs pas d’être fructueuse. Et si on ne ramène rien, on n’est pas malheureux. »

André Douard apprécie d’autant plus le moment que son loisir a failli être interdit le dimanche sous la pression d’ONG. Soutenue par une majorité de l’opinion publique, la mesure n’a finalement pas été retenue dans le plan dévoilé lundi par le gouvernement pour mieux encadrer la pratique de la chasse. « C’était clairement la ligne rouge à ne pas franchir, souligne André Douard. Si la mesure était passée, cela aurait été la révolte dans les campagnes. »

« On ne joue pas avec l’alcool »

A ses côtés, Alban se dit également « soulagé ». « Je travaille toute la semaine donc si on supprime le dimanche, je n’aurais pas d’autre choix que d’arrêter la chasse », indique-t-il. « Si c’était illégal, je pourrais comprendre mais ce n’est pas le cas donc il n’y a aucune raison de nous interdire la chasse le dimanche, embraye André Douard. C’est d’ailleurs le loisir le plus contraignant et le plus encadré par la loi. » Le président de la fédération de chasse d’Ille-et-Vilaine ne se montre pas pour autant buté. « Nous sommes bien sûr ouverts au dialogue pour améliorer les choses et faire évoluer la chasse », assure-t-il.

Selon lui, l’instauration de contrôles d’alcoolémie lors des parties de chasse est d’ailleurs une bonne chose. « Si cela permet de réduire encore le nombre d’accidents, il n’y a aucun problème à se faire contrôler », souligne le dirigeant, lassé tout de même que les chasseurs soient « toujours stigmatisés ». « Il faut arrêter de croire que l’on boit pendant la chasse, souligne-t-il. Les chasseurs sont des gens responsables et ont parfaitement conscience que l’on ne joue pas avec l’alcool, comme quand on est au volant. » « On nous colle une sale image mais on n’est pas pire ni mieux que les autres », ajoute Alban.

Des doutes sur l’appli pour se signaler

La nécessité de renforcer la formation est également vue d’un bon œil par les chasseurs. « C’est bien de rappeler les bases, d’autant plus qu’il y a des générations qui n’ont pas connu l’examen du permis de chasse », indique André Douard. Dans sa fédération, le travail a d’ailleurs déjà commencé depuis deux ans avec 2.500 chasseurs qui ont été formés sur les 10.000 licenciés que compte l’Ille-et-Vilaine.

Sur la question de l’application mobile qui doit être lancée cet automne pour permettre aux chasseurs et aux autres usagers de la nature de mieux cohabiter, André Douard se montre en revanche plus réservé. « Je l’utiliserai bien sûr si on me le demande mais j’attends de voir comment cela va s’appliquer, annonce-t-il. Cela ne posera pas trop de soucis par ici car cela se passe bien avec les promeneurs et les vététistes. Il y a de la place pour tout le monde si chacun fait gaffe. »