Chantage à la sextape à Saint-Etienne : Le maire Gaël Perdriau refuse de démissionner

Les députés LR de la Loire lui ont demandé de se mettre en retrait de ses fonctions politiques. Les élus de l’opposition, également. Mais Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne soupçonné d’être impliqué dans une affaire de chantage à la sextape, n’abdiquera pas. Il n’a pas l’intention de renoncer à ses mandats. C’est ce qu’a fait savoir son avocat, mercredi sur les ondes de RTL.

« En termes judiciaires aujourd’hui, il n’y a aucune raison qui lui impose de se mettre en retrait. Je dirais même qu’en termes judiciaires aujourd’hui, le principe de la présomption d’innocence justifie qu’il reste en place », justifie Christophe Ingrain.

« Gaël Perdriau n’a jamais menacé d’utiliser ce film pour obtenir quelque chose de Gilles Artigues »

Gaël Perdriau « n’a jamais utilisé ce film ou la menace de diffuser ce film pour obtenir quelque chose de Gilles Artigues », martèle-t-il. Lundi soir, Mediapart avait diffusé des extraits audios de plusieurs conversations entre le maire de Saint-Etienne, Pierre Gauttieri son directeur de cabinet et Gilles Artigues. Des extraits accablants dans lesquels Gauttieri revendique n’avoir « aucune foi ni loi », assume de « fonctionner comme un criminel » et menace son interlocuteur d’envoyer la vidéo à ses enfants s’il lui prenait l’idée de porter plainte.

A son tour, Gaël Perdriau le met en garde : la vidéo pourrait être amenée à être diffusée « « en petits cercles, par parcimonie » ou sur Internet. « Une fois que c’est sur les réseaux, ce n’est plus du chantage, c’est une exécution », dit-il.

« Ce ne sont pas des propos glorieux »

« Ce ne sont pas des propos glorieux, concède son avocat. Est-ce que c’est excessif ? Oui, c’est excessif. Est-ce que c’est pénal ? Non. ». Selon Christophe Ingrain, le fait que Gaël Perdriau ait été relâché après 3h30 de garde à vue, sans aucune mise en examen ou autre charge pesant contre lui, est révélateur. « C’est assez rare pour quelqu’un qui serait à ce point coupable. Visiblement, cette culpabilité n’est pas si évidente pour les magistrats », répond-il.

Par ailleurs, Pierre Gauttierri est sorti de son silence pour se défendre. « Ni le maire ni moi-même ne sommes les commanditaires de cette vidéo », a-t-il déclaré dans un entretien diffusé mercredi sur la chaîne de télévision locale TV7. Des propos réitérés ce jeudi matin dans les colonnes du Progrès. « Je ne nie pas la véracité du document de Mediapart, on reconnaît facilement ma voix. Je tiens à présenter mes excuses. Ces propos sont indignes d’un directeur de cabinet », souligne-t-il avant d’indiquer qu’il excluait, lui aussi, de démissionner. « À ce stade je reste toujours présumé innocent. Je ne suis pas coupable… Je ne serai pas mis en examen. J’attends la suite de la procédure avec une totale sérénité », conclut-il.