France

Changement climatique : le manchot empereur est maintenant « en danger »

Le manchot empereur est désormais classé comme « en danger » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La population de l’otarie de Kerguelen a été divisée par plus de deux depuis 1999 sous l’effet du changement climatique.


Le manchot empereur passe du statut d’espèce « quasi menacée » à « en danger » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’inventaire mondial de référence sur l’état de conservation des espèces végétales et animales. La population de cet oiseau emblématique pourrait être réduite de moitié d’ici 2080, selon l’organisation.

« Après une évaluation attentive de différentes menaces potentielles, nous avons conclu que le changement climatique d’origine humaine représente la menace la plus significative pour les manchots empereur », a déclaré Philip Trathan, membre du groupe d’experts ayant travaillé sur la nouvelle évaluation de l’UICN.

« Des modélisations de population prenant en compte de larges fourchettes de scénarios climatiques futurs montrent que, sans réduction abrupte et drastique des émissions de gaz à effet de serre, les populations de manchots empereur vont rapidement décliner au cours de ce siècle ». Ces oiseaux se nourrissent d’espèces dépendant de la glace, dont la disponibilité diminue actuellement. La fragmentation et la disparition de la banquise menacent également la reproduction de ces manchots, qui préfèrent un terrain plat et stable pour incuber leurs œufs, les tenant au chaud entre leurs pattes. Les poussins sont élevés jusqu’à ce qu’ils aient développé des plumes imperméables. Cependant, si la glace fond trop tôt sous leurs petites pattes, ils risquent de se noyer ou de geler.

Un changement éclair

« Des colonies commencent à se relocaliser » et « ne vont pas forcément se reproduire sur la glace de mer, mais vont monter sur la partie du continent antarctique qui se trouve juste derrière. Toutefois, les changements de glace de mer et le changement climatique se produisent à une vitesse extrêmement rapide. Nous craignons que cette espèce n’ait pas assez de temps pour s’adapter », souligne le chercheur Christophe Barbraud. Pour Rod Downie, du Fonds mondial pour la nature (WWF), « Une action urgente est nécessaire pour limiter la hausse des températures moyennes aussi proche que possible de 1,5°C, pour protéger les eaux grouillant de vie qui entourent l’Antarctique et pour désigner le manchot empereur comme espèce spécialement protégée cette année à la réunion du Traité sur l’Antarctique », qui regroupe les pays intéressés par le continent austral, a-t-il ajouté.

L’otarie de Kerguelen, également classée comme « en danger », a vu sa population diminuer de plus de la moitié depuis 1999, en raison du changement climatique qui a réduit son accès à la nourriture. L’otarie à fourrure antarctique est également menacée par la prédation des orques et des phoques-léopard. L’éléphant de mer austral est désormais classé comme « vulnérable » par l’UICN, alors qu’il était précédemment considéré comme étant sous une simple « préoccupation mineure ».