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« C’est une bêtise et dangereux : les risques des oreilles en chou-fleur »

Sur les réseaux sociaux, des tutoriels se multiplient sur TikTok pour permettre au plus grand nombre d’obtenir volontairement des oreilles en chou-fleur. Le Dr Alain Frey, praticien hospitalier, indique que « se frapper avec un objet lourd comme un poids de musculation peut entraîner des commotions cérébrales ».


Sur les réseaux sociaux, une nouvelle tendance fait polémique : déformer volontairement ses oreilles pour obtenir cet aspect en chou-fleur, typique de certains sportifs de haut niveau. Ce phénomène concerne principalement ceux qui pratiquent des sports de contact comme le rugby, le judo, la lutte ou le MMA. L’objectif, aussi surprenant que cela puisse paraître, est de ressembler à des combattants professionnels et d’adopter un style particulier. « C’est stylé de ouf ! Quand tu as ça, tout le monde sait que tu n’es pas venu pour jouer au Uno », affirme une vidéo représentant cette pratique.

Des tutoriels fleurissent sur TikTok, permettant à un large public d’imiter volontairement ces fameuses oreilles en chou-fleur. Cependant, ces vidéos mettent en avant des méthodes souvent choquantes. Certains frottent leurs oreilles contre des serviettes humides, d’autres les frappent avec des objets lourds ou utilisent des pinces. Certains vont même jusqu’à employer des poids de musculation pour provoquer l’effet recherché.

Les oreilles en chou-fleur sont des blessures courantes chez les rugbymen, judokas, lutteurs et pratiquants de MMA, sauf pour ceux qui portent un casque. Cela concerne « tous les sports où il y a des contacts et des frictions de l’oreille avec le terrain ou les adversaires », précise le Dr Alain Frey, praticien hospitalier en médecine du sport à l’hôpital de Poissy – Saint-Germain-en-Laye. Cette déformation résulte de la formation de petits hématomes entre la peau et le cartilage qui, s’ils ne sont pas drainés, peuvent durcir et provoquer des reliefs.

Pour les sportifs concernés, ces hématomes sont souvent traités. « On peut utiliser une petite seringue pour vider la poche de sang qui s’est formée, afin que la peau se recolle au cartilage de l’oreille », explique le médecin. Il est recommandé d’appliquer une compression durant 24 heures après le drainage. Les sportifs reprennent le contact rapidement, mais évitent de combattre pendant un à deux jours et peuvent porter un bandage autour de la tête.

Pour ceux qui exposent naturellement des oreilles en chou-fleur, « le risque est essentiellement esthétique ». Le Dr Alain Frey mentionne qu’il existe un faible risque infectieux temporaire si les frottements persistent après la formation de l’hématome. Certains choisissent de conserver leurs oreilles dans cet état, tandis que d’autres envisagent une intervention chirurgicale pour enlever les hématomes, généralement en fin de carrière.

Cependant, la pratique volontaire de déformation des oreilles diffère largement des traumatismes subis lors d’un match. « Se frapper avec un objet lourd comme un poids de musculation peut entraîner des commotions cérébrales », avertit le praticien hospitalier, soulignant que cela implique les mêmes dangers que les coups reçus pendant un match. « C’est une bêtise et ça peut être dangereux », reconnait-il.

Le médecin précise également que ces pratiques peuvent conduire à une perforation du tympan. « Une pression excessive sur le conduit auditif externe peut le percer, même sans objet à l’intérieur. » Cela n’est pas insignifiant, pouvant entraîner une perte d’audition ou des infections. En somme, rien de rassurant.