C’est quoi ces Containwatt, ces abris totalement autonomes et écolos déployés en moins de deux ?

« En cas de black-out, on a déjà proposé à nos voisins de venir recharger leurs portables chez nous », plaisante Jean-Marc Lalane, le cofondateur de Monkilowatt. A Toulouse, sur l’ancienne base militaire de Francazal, la petite start-up a la chance ne pas s’inquiéter d’une éventuelle coupure cet hiver, ni même de voir exploser sa facture de chauffage. Elle « habite » sa propre invention : Un Containwatt, un « abri autonome », bien robuste, entièrement câblé et qui ne dépend en énergie que des panneaux solaires déployés sur son toit. Le Containwatt pilote est sédentaire mais l’idée, c’est qu’il soit déployable partout. Il tient en fait en un container maritime, « de seconde main », de 25 m2. Mais une fois déployé, ce qui peut se faire « en une journée », sans être un logisticien ou un électricien chevronné, l’espace sous les 90 panneaux solaires se transforme en abri modulable, alimenté par des batteries garanties pendant douze ans.

On imagine l’intérêt pour des militaires en opérations extérieures de pouvoir s’installer si vite, en terrain hostile, sans tapisser le sol de la base avec des câbles et sans dépendre de personne pour leurs communications ou leur vie quotidienne. L’idée du Containwatt a d’ailleurs surgi au détour d’une conversation « avec un colonel de l’armée ».

Des hôpitaux dans le désert au Tchad et au Soudan

Et si sur ce point, les négociations avancent, c’est sur un tout autre terrain que Monkilowatt a trouvé son client inaugural. Les deux premiers abris « autonomes et décarbonés » seront livrés à la fin de l’année à Médecins sans Frontières et serviront d’hôpitaux de campagne au Tchad et au Soudan du Sud. Avec des espaces modulables sous tente, de 150 m2 pouvant accueillir à la fois des bureaux et des salles de soin qui ne généreront pas de pollution. « C’est une grande fierté de penser que nos abris autonomes pourront permettre de sauver des vies en plein désert », assure Jean-Marc Lalane.

Celui qui, tout comme son associé, a « trente ans d’expérience dans le domaine de la fourniture d’énergie », reconnaît que la guerre en Ukraine, la crise énergétique et l’enchaînement des catastrophes naturelles ouvrent considérablement le marché du Containwatt. Le concept n’a d’ailleurs pas échappé aux survivalistes, qui lancent régulièrement à l’entreprise des invitations pour leurs salons spécialisés.

Les JO de Paris et des maisons pour saisonniers

Mais il y a aussi des perspectives plus gaies pour cet abri transportable. Et notamment celle des JO de Paris 2024, « pour les sites où pourraient se poser des problèmes d’alimentation électrique comme le plan d’eau de Versailles par exemple », explique Jean-Marc Lalane.

Salle de presse connectée, abri pour les officiels, la start-up toulousaine va candidater en s’associant à un célèbre loueur de matériel. Facile à installer, le Containwatt pourrait aussi s’inviter dans des événements culturels et festifs. Jean-Marc Lalane n’écarte pas non plus ne conquérir le marché des particuliers. Il imagine notamment des saisonniers en mode « maison sur le dos », transportant leur Containwatt « six mois à la mer et six mois à la montagne ».

« Pour environ 220.000 ou 230.000 euros, et s’ils ont un terrain, ils pourraient disposer de 100 m2 de clos couver, énergie comprise », avance le Toulousain.