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« C’est devenu ma meilleure amie » : ces belles histoires sur Leboncoin

Un homme a déchargé une machine à laver d’occasion pour l’amener chez Esteban, qui a trouvé un modèle vendu 50 euros sur Leboncoin. En 2024, on estime que 153 millions de biens ont été échangés sur la plateforme, pour un montant global de 27 milliards d’euros.


C’était un matin de janvier dans les quartiers populaires de Marseille. Une camionnette se gare au pied des tours. Un homme descend et commence à décharger une machine à laver d’occasion destinée à Esteban. Quelques jours auparavant, son vieux lave-linge avait cessé de fonctionner. Ne pouvant pas débourser 400 euros pour un modèle neuf, le jeune Marseillais a trouvé son bonheur sur Leboncoin, avec un modèle d’occasion à 50 euros.

Le problème : Esteban n’a pas de voiture. Il a donc demandé au vendeur de lui livrer la machine devant chez lui, avec un supplément de 10 euros. « Quand il est arrivé, il m’a proposé de venir l’installer pour que je puisse vérifier qu’elle fonctionnait bien. Il m’a aidé à la monter, il a tout branché, c’était super gentil de sa part. » Le jeune homme n’est pas au bout de ses surprises. Au moment de payer, le vendeur refuse son argent. « Il m’a dit : cet argent, tu en as sans doute plus besoin que moi. Garde-le. J’étais très gêné, je ne savais plus quoi dire. Je l’ai remercié dix fois et il est reparti. »

Des histoires comme celle-ci ne se multiplient pas. En effet, lorsque Leboncoin fait la une des médias, c’est souvent pour parler d’arnaques ou de tentatives de fraude. Cependant, Esteban n’est pas le seul à avoir de bons souvenirs issus d’une petite annonce publiée sur le site. Depuis sa création en 2006, la plateforme française, qui célèbre cette année ses vingt ans, est devenue un véritable réseau social de proximité. En 2024, on prévoit l’échange de 153 millions de biens, pour un montant global de 27 milliards d’euros. Et derrière ces transactions se cachent parfois de belles rencontres.

Jérôme se rappelle d’une fois où il est resté une heure et demie sur le quai du métro parisien. Pas parce que la RATP connaissait des problèmes, mais simplement parce qu’il a engagé une conversation avec un inconnu. « Je vendais un coffret Blu-ray de la saga *Die Hard*. On s’était donné rendez-vous à mi-chemin. En nous rencontrant, nous avons commencé à discuter de cinéma. Nous avions les mêmes goûts ! Nous sommes restés à discuter », raconte ce passionné de la saga avec Bruce Willis. À la fin de cette interminable conversation, les deux hommes se sont salués et ne se sont plus jamais retrouvés.

Parmi les 89 millions d’annonces en ligne, celles de Christine attirent toujours leur public. Installée en Ardèche, la retraitée consacre beaucoup de temps à Leboncoin. « Je pense que j’y vais au moins trente fois par jour, parfois même plus. » Amoureuse du jardinage, elle propose souvent des boutures, que les gens viennent chercher ou qu’elle envoie par courrier. « Un jour, une dame est venue chez moi. Elle était charmante, alors je lui ai fait visiter le jardin. Nous avons discuté une demi-heure avant qu’elle ne reparte », raconte Christine.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Cependant, deux ou trois jours plus tard, l’acheteuse, Corinne, revient avec un cadeau pour remercier Christine des boutures offertes. « Nous avons longuement discuté. Nous avons d’abord parlé de jardinage puis elle m’a raconté sa vie et ses difficultés. J’ai fini par lui proposer d’aller marcher ensemble. Elle a accepté. » C’était « il y a deux ou trois ans ». Depuis, les deux femmes se rencontrent très régulièrement. « C’est devenu ma meilleure amie », témoigne la fervente adepte du site.

Habitante d’un hameau entre Montpellier et Nîmes, Sophie a également retrouvé une vieille connaissance après avoir posté une petite annonce sur Leboncoin. « J’avais mis en vente des ventilateurs. En voyant l’acheteur, je l’ai immédiatement reconnu. Mon père avait entraîné ses enfants au foot », raconte Sophie. Son père étant décédé, elle n’avait plus eu de nouvelles de ce club. « Cela faisait des années que nous ne nous étions pas revus. Le monsieur me parlait de mon père, de l’engagement qu’il avait dans le club. Il m’a demandé des nouvelles de ma maman. C’était un moment émouvant pour moi », se souvient-elle. Parfois, il suffit simplement de vider son garage pour faire de belles rencontres.