César 2026 : Franck Dubosc et d’autres comiques changent de registre.
Franck Dubosc a reçu un César le 1er octobre 2023 pour le scénario d’Un ours dans le Jura, qu’il a coécrit avec Sarah Kaminsky. Dany Boon a déclaré en 2018 ne pas souhaiter s’essayer à des rôles sérieux après avoir été choqué enfant par son idole Bourvil dans Le Cercle rouge.
La salle de l’Olympia a réservé ses plus chaleureux applaudissements à Franck Dubosc lorsqu’il est monté sur scène pour recevoir son César. L’année précédente, cette consécration était encore envisagée sur le ton de la plaisanterie. Dans une vidéo, l’acteur avait montré un petit César tout en plaisantant sur le fait qu’il n’en obtiendrait jamais un véritable ! L’académie lui a prouvé le contraire et le Patrick Chirac de Camping est reparti, tout heureux, avec une récompense bien méritée pour le scénario d’Un ours dans le Jura, qu’il a coécrit avec Sarah Kaminsky.
Cette année, Franck Dubosc a su allier succès public et reconnaissance de ses pairs en s’orientant vers la comédie noire. Il n’est pas le seul humoriste à avoir choisi de prendre un tournant plus sérieux à un moment de sa carrière. On pense naturellement à Jim Carrey, qui a reçu un César d’honneur hier soir et qui a su émouvoir dans The Truman Show et Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry, mais d’autres acteurs français ont également réussi ce pari.
Dany Boon, qui a reçu un César du public en 2018 pour Raid Dingue, avouait alors ne pas vouloir s’essayer à des rôles sérieux. Enfant, il avait été choqué de voir son idole Bourvil incarner un policier dans Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville et ne voulait pas faire vivre la même expérience à ses fans. Coluche, pour sa part, a opté pour un choix différent en apparaissant dans Tchao Pantin de Claude Berri. Son rôle de pompiste épuisé secourant un dealer lui a valu un César en 1984. Sa mort deux ans plus tard ne lui a pas permis de capitaliser sur ce succès.
Jean Yanne, qui a fait rire la France entière avec des films comme Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, a également ému le public chez Maurice Pialat dans Nous ne vieillirons pas ensemble, ce qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes en 1972. Son parcours brillant lui a permis de briller tant dans la comédie que dans la tragédie.
Plus récemment, Alain Chabat est un autre exemple de comique ayant su évoluer, obtenant un César l’an passé pour L’Amour ouf de Gilles Lellouche, prouvant ainsi qu’il pouvait transmettre toutes les émotions. Jean Dujardin, quant à lui, a décroché un Oscar et jouera bientôt un collaborateur dans Les Rayons et les Ombres de Xavier Gianoli, après avoir commencé sa carrière avec la troupe d’humoristes Nous Ç Nous. C’est une évolution rare dans le milieu.
Les actrices ne sont pas en reste quand il s’agit de surprendre. La fantaisiste Alice Sapritch, poursuivant Yves Montand dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury en 1971, a également été saluée dans des rôles plus sérieux, notamment celui de la mère abusive dans Vipère au poing de Pierre Cardinal la même année. Muriel Robin a aussi été très appréciée dans Mourir d’aimer de Josée Dayan, où elle vivait une histoire d’amour tragique avec un adolescent. Toutes deux ont vu arriver des propositions de rôles plus sérieux après ces performances remarquables.
Pour Franck Dubosc, il est difficile de prédire l’avenir. On espère qu’il recevra des scénarios intéressants après avoir enfin été reconnu par ses pairs. On lui souhaite une trajectoire « à la Albert Dupontel », continuant à écrire de beaux rôles tout en inspirant d’autres cinéastes. Franck Dubosc a clairement montré l’éventail de ses talents, et ce premier César tant désiré ne sera peut-être pas le dernier.

