CES 2022: Métavers, véhicules autonomes, santé connectée… Les grandes tendances du salon de Las Vegas

Après une édition 2021 virtuelle, le Consumer Electronic Show a fait son grand retour en personne à Las Vegas cette semaine. Ou plutôt a tenté, avec la vague Omicron qui a poussé Meta (Facebook), Google, Twitter et Microsoft et de nombreux autres – dont 20 Minutes – à rester à la maison. Dans des allées clairsemées, impossible d’échapper à la réalité virtuelle et au métavers.

Tout le monde parie sur le métavers car tout le monde parie sur le métavers

Chaque édition du CES a son « buzzword », qui, c’est sûr, va déferler sur le monde. Après les télés 3D ou la maison connectée, voici donc le métavers. Ou plutôt le « bétavers » à ce stade. Car dans la foulée de Mark Zuckerberg, qui rêve de passer des heures dans la matrice, tout le monde se positionne, sans vraiment parvenir à expliquer pourquoi. Principalement pour ne pas rater la fusée si elle décolle.

Samsung a dévoilé My House, une plateforme pour décorer sa maison virtuelle avec des gadgets de la marque sud-coréenne. Peuplée d’avatars cartoon et colorés, l’expérience veut permettre « aux milléniaux et aux zoomers d’exprimer une identité différente de la réalité ». Le constructeur automobile Hyundai, qui mise gros sur la robotique avec le rachat Boston Dynamics pour un milliard de dollars, a présenté sa vision pour la « métamobilité ». Celle d’un mouvement sans transition du réel au virtuel, par exemple pour suivre les futurs déplacements du robot-chien Spot dans des grottes sur Mars, via un partenariat avec la Nasa.

Qui dit immersion, dit sensations. De nombreux accessoires ambitionnent de nous laisser sentir et toucher le virtuel. PebbleFeel, de Shiftall, un harnais qui se porte sur le dos, permet de ressentir le chaud et le froid. OVR technology ajoute l’odorat à la réalité virtuelle, avec neuf cartouches olfactives recréant des dizaines de senteurs, comme du bois qui brûle ou un marshmallow rôti. Les Français d’Actronika vont lancer en mars, via Kickstarter, leur veste haptique Skinetic qui, avec ses 20 petits moteurs, promet de simuler l’impact de balles ou de gouttes de pluie. Les Espagnols d’Owo, eux, reproduisent même l’intensité variable d’un câlin. Reste encore à Meta (Facebook), Apple, Google et Microsoft et tous les autres à proposer des expériences sécurisées : le harcèlement et les agressions sexuelles n’ont pas attendu pour conquérir cette nouvelle frontière.

Des véhicules électriques et autonomes à foison

La chasse à Tesla est ouverte. Toyota a annoncé que sa marque Lexus serait tout électrique d’ici 2035 dans le monde, et dès 2030 en Amérique du Nord. Qui dit mieux ? Chrysler, qui prévoit de faire ses adieux au moteur à combustion en 2028 – un calendrier ambitieux avec son premier véhicule électrique seulement attendu pour 2025. Le secteur aiguise les appétits chez tous les constructeurs et ailleurs : Sony prévoit de lancer sa filiale Sony Mobility au printemps afin de commercialiser, à une date non précisée, un SUV sept places basé sur son prototype Vision-S02. Qui embarque évidemment une Playstation. En attendant de voir sur quoi planche Apple depuis des années.

Les voitures 100 % autonomes se font encore attendre. Mais avec Ultra Cruise, lancé l’an prochain avec la Cadillac Celestiq, Chevrolet promet une assistance à la conduite capable de se passer d’un humain 95 % du temps, y compris en ville. Une course qui fait les affaires du fabricant de puces Nvidia, qui a signé des partenariats avec Mercedes, Volvo, Audio et Hyundai. Enfin, John Deere commercialisera fin 2022 un tracteur 100 % autonome, capable de labourer et moissonner tout seul, comme un grand. Pour une nouvelle révolution agricole, 12.000 ans après celle du Néolithique.

La santé connectée pour les humains et les bêtes

Le succès de Peloton pendant la pandémie donne des idées à la concurrence. Le rameur de Hydrow et son écran de 22 pouces offrent des cours en direct ou enregistrés, et vous transportent sur le lac de Lucerne ou sur l’eau turquoise de Miami.

Avec sa balance connectée Body Scan et ses accessoires, les Français de Withings promettent une véritable « station de santé connectée ». Vendue à la fin de l’année à 299 euros, elle propose un électrocardiogramme bien plus précis que les montres, et ses électrodes permettent également de calculer avec précision la quantité de masses grasses corporelles. Avec un lien sécurisé, il sera possible de partager ses données avec son médecin.

Les humains n’ont pas le monopole de la santé. Le collier Catlog fait office de tracker d’activité pour chat. Et ne fera sans doute que confirmer que minou est un gros fainéant qui dort 18 heures par jour. Plus intéressant, la version canine d’Invoxia mesure le rythme cardiaque et respiratoire de votre compagnon pour, promet la start-up française, détecter un problème avant qu’il ne soit trop tard. A vérifier ce qu’en disent les vétérinaires, quand même.