Ce que l’on sait des trois Français condamnés à mort en Irak pour appartenance à Daesh

Interpellation d’un groupe suspecté proche de Daesh par l’armée irakienne en décembre 2016, au début de la bataille de Mossoul en Irak. — GAILAN HAJI / AFP

  • Trois Français appartenant à Daesh ont été condamnés à mort en Irak.
  • Ils disposent d’un délai de trente jours pour faire appel de la décision.
  • C’est la première fois que des Français sont condamnés à cette peine en Irak.

Un beau casse-tête à venir pour la diplomatie française… Kévin Gonot, Leonard Lopez et Salim Machou, trois Français ayant combattu dans les rangs de Daesh, ont été condamnés à mort en Irak a indiqué un magistrat de la cour de Bagdad qui les a jugés. Connus des services de renseignement pour avoir incité de nombreux jeunes à se radicaliser et à partir en Syrie, ces trois ressortissants sont les premiers Français à être visés par la peine capitale en Irak.20 Minutes fait le point sur leur situation…

Que sait-on de leur condamnation à mort ?

Kévin Gonot, Leonard Lopez et Salim Machou ont été reconnus coupables d’appartenance à Daesh. C’est un magistrat de la cour de Bagdad (Irak) ayant participé à leur procès qui en a informé l’Agence France Presse, ce dimanche midi.

Arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-Daesh, ils avaient été transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne qui prévoit la peine de mort pour quiconque a rejoint une organisation « terroriste », ils disposent d’un délai de 30 jours pour faire appel de la décision.

Jusqu’ici, trois Français ont déjà été reconnus coupables d’avoir rejoint les rangs de Daesh. Il s’agit de Mélina Boughedir, de Djamila Boutoutaou et de Lahcène Gueboudj. Ils ont tous les trois été condamnés à la réclusion à perpétuité, ce qui équivaut à 20 ans de détention en Irak.

La France peut-elle intervenir pour leur éviter la peine capitale ?

Cette décision de justice promet de relancer le débat sur l’épineuse question du retour sur le sol français des djihadistes ayant combattu dans les rangs de Daesh. Mouvant sur cette question face à une opinion publique hostile à l’idée d’un retour, le gouvernement a longtemps laissé planer le doute sur ses réelles intentions.

Mais, fin janvier, invitée du Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice avait indiqué que « bien entendu » , l’État Français « interviendrait s’il y avait une question de peine de mort », laissant entendre qu’il y aurait alors un traitement « au cas par cas » des djihadistes. Ce dimanche, les autorités n’ont pas encore réagi à la condamnation à mort de ses trois ressortissants.

Que sait-on des trois Français condamnés à mort ?

Né dans le sud-ouest de la France, Kévin Gonot, 32 ans, a dit dimanche au juge « regretter » d’avoir rejoint Daesh. Il a été arrêté en Syrie avec son demi-frère Thomas Collange, sa mère et son épouse qui n’est autre qu’une des nièces des frères Clain qui ont revendiqué les attentats de Paris en 2015. Celui qui se faisait appeler Abou Sofiane dans les rangs de Daesh a expliqué avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané en 2015 et qu’il a été transféré, ensuite, à Mossoul non pour y combattre mais pour y être soigné. En France, il a déjà été condamné à neuf ans de prison en son absence, selon le Centre d’analyse du terrorisme (CAT).

Salim Machou, 41 ans, a appartenu à la brigade Tariq ibn Ziyad, une unité de Daesh menée par un ancien légionnaire français, Abdelilah Himich, selon le CAT. Cette « cellule de combattants européens, vivier d’auteurs d’attaques », a compté jusqu’à « 300 membres », selon les autorités américaines.

Quant à Leonard Lopez, il est sans doute le plus célèbre des trois Français condamnés ce dimanche. Au début des années 2000, il était l’un des membres les plus actifs du site djihadiste francophone, Ansar Al-Haqq. En juillet 2015, alors qu’il était sous contrôle judiciaire, il est parti avec sa femme et leurs deux enfants, d’abord à Mossoul, puis en Syrie.

Condamné en son absence à cinq ans de prison, celui qui se faisait appeler Abou Ibrahim al-Andaloussi est surtout connu des services de renseignement pour avoir fondé l’association Sanabil, dissoute par le gouvernement français en 2016. Celle-ci contribuait, sous couvert d’aide aux détenus, à radicaliser des prisonniers. « Tous ceux qui ont été impliqués directement ou indirectement dans les attentats depuis 2015 ont été en lien direct ou indirect avec Sanabil », assurait à l’époque un enquêteur.

En 2014, 20 Minutes révélait que cette association avait notamment été sollicitée pour fournir des textes religieux à Mehdi Nemmouche, alors en détention à Grasse (Alpes-Maritimes), avant que celui-ci ne soit libéré et ne devienne, des années plus tard, l’auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles.

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