Casino et Intermarché visés par une enquête de Bruxelles, les sièges des deux groupes perquisitionnés

Illustration d’un supermarché. — ALLILI MOURAD/SIPA

Casino et Intermarché sont dans le viseur de Bruxelles. Les autorités européennes de la concurrence ont effectué ce mardi des visites-saisies aux sièges des deux groupes, a révélé Le Figaro qui évoque une enquête sur une alliance passée entre les deux géants de la distribution.

Une porte-parole du groupe Casino a confirmé la visite d’enquêteurs de la Commission européenne. Personne n’était immédiatement joignable chez Intermarché pour une confirmation, précise l’AFP. L’affaire porterait sur Inca-achats (Incaa), une centrale d’achats commune créée en 2014 et à laquelle les deux enseignes ont mis fin l’été dernier.

Des soupçons de violation des règles antitrust

La Commission européenne a confirmé ce mercredi matin « des inspections inopinées dans les locaux de sociétés actives dans le secteur de l’alimentation au détail en France », mais sans citer les entreprises concernées. Elle « craint que deux épiceries de détail n’aient violé les règles antitrust de l’UE qui interdisent les ententes et les pratiques commerciales restrictives », explique-t-elle dans un communiqué.

« Le fait que la Commission effectue de telles inspections ne signifie pas que les entreprises sont coupables de comportement anticoncurrentiel ni qu’elle préjuge du résultat de l’enquête elle-même », insiste-t-elle, précisant que ses fonctionnaires « étaient accompagnés de leurs homologues de l’autorité française de la concurrence ».

Une centrale d’achats commune au cœur de l’enquête

Les centrales d’achats communes permettent aux enseignes de la grande distribution de commander de plus grands volumes et donc d’avoir encore plus de poids lors des négociations avec leurs fournisseurs. Mais elles inquiètent depuis plusieurs années les autorités de la concurrence.

Casino, Intermarché et leur centrale avaient déjà été assignés devant le tribunal de commerce de Paris par la répression des fraudes française en 2017 pour des pratiques commerciales « abusives ». C’est donc au tour de Bruxelles de se pencher sur les négociations tarifaires menées par la centrale avec les industriels de l’agroalimentaire.

Les autorités françaises avaient déjà épinglé les deux enseignes

En France, la Direction générale de la Concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) estimait que ces enseignes avaient « formulé des demandes financières additionnelles » à leurs fournisseurs sans qu’elles ne soient justifiées, d’après un communiqué de 2017.

Selon Bercy, les fournisseurs n’ayant pas accepté ces demandes avaient subi « des mesures de rétorsion » révélées après une enquête menée en 2016 par la DGCCRF. La dissolution d’Incaa en 2018 avait été annoncée parallèlement à la constitution d’une autre alliance, réunissant cette fois Casino et Auchan.

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