France

Carole Delga demande à Lecornu d’intervenir pour dialoguer avec les éleveurs.

La stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) mise en œuvre par le gouvernement inclut l’abattage des troupeaux contaminés et la vaccination ciblée. Un million de bêtes supplémentaires vont être vaccinées dans les huit départements du Sud-Ouest placés en zone réglementée, en plus du million déjà vaccinées pour un coût de 20 millions d’euros.

La porte-parole du gouvernement déclare que le protocole sanitaire en place est « le plus efficace »

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a affirmé dimanche que la stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui inclut l’abattage des troupeaux contaminés et une vaccination ciblée, est la « plus efficace ». Elle a rejeté les critiques venant d’agriculteurs et de membres de la classe politique. « Ce n’est pas une décision politique […] c’est une décision sanitaire qui a été concertée […] depuis juillet dernier avec le Parlement sanitaire, composé de vétérinaires, d’éleveurs, des chambres d’agriculture, des syndicats, des services de l’Etat et l’Anses » (Agence nationale de sécurité sanitaire), a-t-elle précisé.

Concernant une éventuelle intervention du Premier ministre Sébastien Lecornu, demandée par Carole Delga, présidente de la région Occitanie, pour « garantir, […] un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs de ce pays », la porte-parole a réaffirmé que le dialogue avec les éleveurs était « permanent ».

Des maires d’Ariège appellent à remettre un courrier de doléances au préfet lundi

Plusieurs associations de maires d’Ariège ont annoncé leur intention de se rendre à Foix à midi lundi pour remettre un courrier de doléances au préfet, demandant notamment une modification du protocole sanitaire relatif à la DNC.

Carole Delga appelle Lecornu à « intervenir » pour établir un « dialogue » avec les éleveurs

Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, centre névralgique de l’épizootie de dermatose bovine et des mécontentements agricoles qui en découlent, a demandé dimanche au Premier ministre Sébastien Lecornu d’« intervenir » pour créer un « dialogue » avec les éleveurs.

Dans une lettre ouverte, elle a déclaré « qu’il [était] temps pour [M. Lecornu] d’intervenir pour garantir, dans les plus brefs délais, un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs de ce pays, seul moyen d’apaiser les tensions grandissantes dans de nombreux départements ».

Carole Delga a exprimé dans son courrier « l’indignation et la colère » qui s’intensifient « inexorablement face au désespoir d’un peuple. Elles sont à la mesure du choc ressenti par toute une profession et, au-delà, par la population, face à la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire », a-t-elle martelé.

« Il faut envisager toutes les conséquences » d’une généralisation de la vaccination, selon la ministre de l’Agriculture

Bertrand Venteau, nouveau président de la CR, a de nouveau réclamé dimanche matin la « vaccination de toute la France » afin de « sauver les animaux sains des abattages ». « C’est maintenant que la vaccination doit se décréter sinon on va avoir un drame dans moins d’un mois, car je pense que tout le sud de la Loire sera contaminé », a-t-il déclaré.

La ministre de l’Agriculture a répondu qu’« il faut envisager toutes les conséquences » d’une généralisation de la vaccination, « les conséquences sanitaires, les conséquences de faisabilité, les conséquences économiques », en mentionnant le risque de fermeture de marchés à l’export.

« Nous avons un protocole qui a très bien fonctionné. Ça marche », a ajouté Mme Genevard sur Europe 1, assurant que « le virus n’est pas aux portes de chaque élevage ».

Les agriculteurs s’installent pour manifester leur colère, de Bayonne à la Haute-Garonne

Près de la frontière espagnole, l’A64 reste fermée sur plus de cent kilomètres. Entre Briscous et Urt, à l’est de Bayonne, des agriculteurs ont installé deux barnums, une plancha et un sapin de Noël au milieu d’environ cinquante tracteurs et grandes remorques, selon l’AFP. Environ 80 tracteurs et 29 bennes, selon la préfecture de Haute-Garonne, sont également stationnés sur les voies entourées de bottes de foin à Carbonne, point de départ de la contestation agricole de janvier 2024, au sud-ouest de Toulouse.

« On est partis pour passer les fêtes ici », « on ne lèvera pas le camp comme ça », a déclaré à l’AFP Cédric Baron, agriculteur-éleveur de bovins à Montoussin (Haute-Garonne). « Nous avons sept revendications; la dermatose est ce qui nous a tous fait bondir, mais à Carbonne, il n’y a pas que des éleveurs, il y a aussi des céréaliers avec d’autres problèmes. » D’autres dossiers sensibles comme les accords commerciaux du Mercosur et la réduction annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC) européenne alimentent la colère des agriculteurs.

Un éleveur de vaches déclare : « On ne peut pas tuer, gaspiller de la viande comme ça » lors du convoi en Gironde

Les agriculteurs continuent de manifester leur colère ce dimanche. « Lorsqu’une bête est malade, tout le monde est d’accord pour l’abattre, mais tuer des troupeaux entiers, alors qu’il faut des années pour développer une génétique et former un troupeau, c’est totalement inacceptable », a déclaré à l’AFP Christophe Guénon, éleveur de vaches et maraîcher bio, près de Bordeaux, où un convoi est en route. « On ne peut pas tuer, gaspiller de la viande comme ça. »

Un million de bêtes supplémentaires vont être vaccinées dans huit départements du Sud-Ouest

Depuis l’émergence de la dermatose nodulaire contagieuse en France en juin, cette maladie contagieuse affectant les bovins, la stratégie de l’État inclut l’abattage de toutes les bêtes des foyers infectés, des restrictions de mouvements de troupeaux et jusqu’à présent une « vaccination d’urgence » des cheptels dans un rayon de 50 km autour des zones touchées.

Un million de bêtes supplémentaires seront vaccinées dans les huit départements du Sud-Ouest considérés en zone réglementée, en plus du million déjà vacciné, pour un coût total de 20 millions d’euros, d’après le ministère.

Des convois et des blocages sur l’A64 et en Gironde

L’A64 est fermée entre les échangeurs 3 et 17, avec des éleveurs bloquant les voies dans le Pays basque ou à Carbonne, point de départ de la grogne agricole en janvier 2024, au sud-ouest de Toulouse. Des perturbations sont aussi signalées sur l’A75 et d’autres routes nationales. En Gironde, un convoi partira dimanche matin du sud de Bordeaux vers la métropole.

« Le barrage est en place, l’autoroute est couverte de détritus, les remorques sont pleines de tout ce qui peut brûler », a déclaré par téléphone à l’AFP Léon Thierry, coprésident de la Coordination rurale des Pyrénées-Atlantiques, depuis l’A64 entre Briscous et Urt, au Pays basque. Samedi soir, « il y avait 400 à 500 personnes, les tracteurs arrivent, on n’est pas prêts de céder ».

Dans la vallée du Rhône, un barrage au nord de Montélimar a été levé peu avant 1 heure du matin, selon Louis Petiton Saint Mard, coprésident de la Coordination rurale 26.

Des axes routiers restent bloqués ce dimanche

Le Sud-Ouest de la France, où la Coordination rurale ne compte pas céder avant d’obtenir « l’arrêt des abattages totaux » de troupeaux bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), demeure ce dimanche l’épicentre de la contestation, avec plusieurs axes routiers bloqués.

« Le Sud-Ouest du réseau reste fortement perturbé entre Toulouse et Bayonne », a déclaré Vinci autoroutes dans son dernier rapport.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, se rendra dans le Sud-Ouest lundi

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé dimanche qu’elle se rendra lundi dans le Sud-Ouest pour assister « au début de la vaccination » des troupeaux bovins, en réponse à la colère persistante d’une partie du monde agricole contestant la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) par les autorités.

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Ce dimanche, nous suivrons l’évolution de la mobilisation d’une partie du monde agricole qui s’oppose à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) par les autorités.