Cap-Ferret : Un requin bleu de plus de deux mètres se retrouve coincé dans un parc à huîtres

Il n’a pas eu le temps d’avoir peur, mais avoue être soulagé que la scène se soit déroulée en plein hiver, « car le reste de l’année, on travaille en short… » Cyril Foucaud est un ostréiculteur de Gujan-Mestras, sur le bassin d’Arcachon, aguerri et rompu aux aléas de la marée depuis des années. Mais pour la première fois, il s’est retrouvé nez à nez avec un… requin, coincé au milieu des parcs à huîtres.

Le requin observé dans le parc à huîtres du Cap-Ferret faisait plus de deux mètres selon l'ostréiculteur.
Le requin observé dans le parc à huîtres du Cap-Ferret faisait plus de deux mètres selon l’ostréiculteur. – Cyril Foucaud

Mardi vers 13 heures, l’ostréiculteur se trouvait avec deux de ses collègues dans ses parcs du Cap-Ferret, en face du village de L’Herbe entre le Canelon et le Courbey, « quand tout à coup, j’ai entendu de grands remous dans l’eau » raconte Cyril Foucaud à 20 Minutes. « En m’approchant, j’ai vu un aileron de requin. L’animal se débattait dans 30 cm d’eau. » Il s’agissait d’un requin bleu, appelé aussi peau bleue.

« Il ne fallait pas trop se poser de questions, car il allait mourir… »

« Nous étions une heure avant la marée basse, et l’eau continuait de descendre, le pauvre était complètement bloqué, poursuit l’ostréiculteur. Nous avons donc décidé de le ramener vers les eaux plus profondes du bassin, à une centaine de mètres. Au début il s’est rebiffé, il a essayé de nous mordre, car il ne comprenait pas ce qu’on voulait faire. Mais il ne fallait pas trop se poser de questions, car il allait mourir. »

Cyril Foucaud a « fini par l’attraper par la queue » pour le tirer. « Il a commencé à se tordre pour vouloir me mordre, j’ai dû m’y reprendre à deux ou trois fois, et petit à petit il s’est calmé. On l’a laissé reprendre ses esprits, et on l’a ramené dans environ 1,50 mètre d’eau. On a même réussi à le caresser avant de le laisser dans son élément. »

L’animal, plus habitué au large de l’océan, peut s’approcher ponctuellement des côtes, notamment pour se nourrir. « Il faisait plus de deux mètres, peut-être 2,40 mètres » estime Cyril Foucaud. « Je ne savais même pas que nous avions des requins aussi grands par ici. Et même si je sais que c’est une espèce normalement inoffensive pour l’homme, il n’en reste pas moins impressionnant avec ses deux gros yeux noirs… »