CanneSéries : Dans « Mister 8 », l’héroïne a autant d’amants que de jours dans la semaine

Une pépite audacieuse sur le fond et sur la forme !  Mister 8, l’un de  nos coups de cœur de la saison 4 de  CanneSeries, série finlandaise en 8 x 30 minutes, créée par Teemu Nikki et Jani Pösö, traite d’un thème assez audacieux et inédit dans la fiction, la  polyandrie, c’est-à-dire la polygamie au féminin. Un thème exploré avec un parti pris esthétique assez hardi, l’image est dans un beau noir et blanc léché.

A l’occasion du festival CanneSeries, qui ouvre ses portes ce vendredi jusqu’au 6 avril, Mister 8, qui a remporté le prix de la meilleure série longue et le prix d’interprétation lors de la dernière édition du festival azuréen, est diffusée à partir de ce vendredi à 21h sur Canal+Séries et disponible en intégralité sur MyCanal.

Mister 8 suit l’intriguant Juho (Pekka Strang), un ingénieur qui vient d’emménager à Helsinski. Dans un restaurant, il fait connaissance avec Maria (Krista Kosonen, qui renouvelle l’archétype de la femme fatale), trentenaire sexy et pleine d’esprit, PDG d’une entreprise familiale. C’est le coup de foudre. Ils passent la nuit ensemble. Au petit matin, alors que Juho espère revoir la femme d’affaires, elle refuse. Son emploi du temps est trop chargé. 

« Ce n’est pas féministe, c’est égalitaire »

La businesswoman a déjà sept conjoints !  A chacun d’eux est attribué contractuellement par la businesswoman un jour de la semaine. Chaque jour son amant, et à chacun sa spécificité : le poète, le pompier, le cuisinier ou encore le coach sportif, etc. «  Chaque jour a son archétype. Et ensuite, que jette-t-on quand on tombe amoureux ? Bien sûr, le sex-toy », s’amuse le créateur du show, Jani Pösö, que 20 Minutes a rencontré à CanneSeries.

Tous sont au courant de l’existence des autres amants de Maria et respecte à la lettre les consignes de leur maîtresse. Alors qu’un des amants de Maria enfreint une des règles imposées par la femme d’affaires, il se fait virer du « harem ». « C’est une femme puissante, mais, au final, je ne sais pas si c’est féministe ou pas. Si Maria était Marco, il serait aussi froid et narcissique qu’elle. Dans un sens, je dirais que ce n’est pas féministe, c’est égalitaire. Et c’est dans un sens différent », commente le Finlandais. Ce point de vue féminin réduit souvent les hommes à des objets sexuels, tout en dénonçant les jugements de la société sur Maria. 

« Un thriller noir, en noir et blanc, avec des neurones en forme d’ongles »

Juho intègre ainsi la bande d’amants de Maria, bien décidé à éliminer ses concurrents. « Il veut Maria pour lui tout seul. Maria veut tout », résume Jani Pösö. Et d’ajouter : « Du point de vue finlandais, c’est juste une série divertissante sur un sujet que tout le monde aborde, à savoir la relation avec son petit ami ou sa petite amie, plus ou moins. Cela parle des relations modernes, mais c’est aussi une sorte d’essai sur le narcissisme. Et c’est comme si on voyait le véritable amour », estime Jani Pösö. 

Au fil des épisodes, la série oscille entre comédie romantique, conte, satire et thriller. « C’est un thriller noir, en noir et blanc, ou une sérieuse comédie romantique, rit Jani Pösö. Il est assez difficile de définir le genre. Vous vous amusez en la regardant, mais c’est aussi tellement sérieux qu’à un moment donné de la série, vous vous dites : « Oh mon Dieu, est-ce que j’ai ri pour ça ? »»

Outre son thème assez inédit et son ton parfois loufoque, Mister 8 se distingue de 99,9% des autres séries par son esthétique bicolore. « L’amour est noir et blanc. C’est une des raisons. Le noir et blanc est vraiment élégant. Cela permet de se démarquer dans la foule des séries. Enfin, avec une bande-son électronique totalement moderne, c’est assez cool, cela créée une atmosphère dans laquelle on croit à ces personnages », explique le créateur. Une drôle de série, au charme nordique assez indéfinissable, à ne pas rater !