« Call of Duty » : « Certains épisodes sont très mauvais, mais d’autres sont grandioses »

N’appelez pas Maxime ou Rudy, ils ont autre chose à faire que de vous répondre, ces dernières semaines. Ces inconditionnels de Call of Duty poncent, depuis le 28 octobre, le nouvel opus de la très lucrative série d’Activision Blizzard, Modern Warfare II. Il leur faudra trouver le temps, aussi, de tester le battle royale gratuit, associé à ce nouvel épisode, Warzone 2.0, que le célèbre éditeur américain a mis en ligne, ce jeudi soir

Car chez Activision Blizzard, on n’a pas fini de vous servir du Call of Duty. Après Super Mario et Tetris, le célèbre jeu de tir à la première personne (FPS, First person shooter) est la troisième série de jeux vidéo la plus vendue de tous les temps. Et si c’était mérité ? Et si Call of Duty était, tout simplement, le meilleur FPS de l’histoire des jeux vidéo ? « 20 Minutes » a demandé à des habitués de ce célèbre jeu de guerre de nous expliquer pourquoi ils l’aiment tant. Et aux autres de nous dire pourquoi ils le boudent.

« La vraie guerre, ce n’est pas fun »

Pour Rudy, un « joueur de la première heure », Call of Duty, c’est le meilleur, cela ne fait aucun doute. « Activision Blizzard a su trouver la recette afin de surclasser ses concurrents et est actuellement le meilleur FPS sur le marché, et de loin ! », note-t-il. Karl est de cet avis. Et il liste même « les points forts » qui le hissent en tête des jeux de tir à la première personne. Le joueur évoque notamment « la nervosité du gameplay », « le feedback visuel et sonore sur les coups, les impacts, les surfaces et les matières », « la sensation » de véritablement incarner les soldats en missions, et le son, « intense et immersif ». Et le mode multijoueur, une référence, ajoute Hamidou.

Aleks, lui, est effaré de constater à quel point ce jeu est parvenu à susciter tant d’émotions, « et continue de le faire, chez moi, du haut de mes 35 ans. Le réalisme est de plus en plus prenant, jusqu’au détail de pouvoir réparer son véhicule en cas de soucis, comme changer un pneu. » « Pour moi c’est le fun, et des cartes de taille moyenne qui font le succès du jeu, témoigne Py. Les possibilités sont quasi illimitées avec le nombre d’armes et d’accessoires. » Le réalisme, que bon nombre de fous de Call of Duty saluent, est d’ailleurs mieux dosé que sur les autres licences de FPS, pointent certains. « J’avais testé Battlefield », le rival historique édité par Electronic Arts, « mais je n’ai pas accroché car il est trop réaliste, explique Py. Et la vraie guerre, ce n’est pas fun ».

« Certains sont très mauvais », d’autres « grandioses »

Maxime a découvert Call of Duty en 2009. Il joue « tous les jours, ou presque, au moins deux, voire trois heures ». Si ce joueur a tout de suite accroché, c’est en raison « des événements historiques que l’on peut retrouver dans certains opus ». Un parti pris qui a valu, d’ailleurs, à plusieurs épisodes de la série de faire l’objet de controverses. Pour Maxime, Call of Duty est « assez réaliste, rapide et joli, visuellement parlant ». Mais tous les épisodes ne se valent pas, note-t-il. « Certains sont très mauvais, à mon goût. Mais il y en a qui sont grandioses », confie le joueur, qui a particulièrement aimé World at war (2008), Black Ops (2010) et Modern Warfare (2019), son « grand préféré ». « Les Modern Warfare sont très réalistes », et c’est là leur point fort, note Maxime. Alors oui, Battlefield, le rival historique de Call of Duty, est, lui aussi, « très réaliste, voire plus ». Mais le hit d’Electronic Art « est beaucoup lent, comme jeu. Je trouve que l’on s’y ennuie ».

Un employé d'Activision Blizzard teste une version de "Call of Duty", en 2022.
Un employé d’Activision Blizzard teste une version de « Call of Duty », en 2022. – Allison Dinner/AP/SIPA

S’il est un joueur régulier, lui aussi, de Call of Duty, Thibault fait toutefois le tri, dans ce que la saga a produit, depuis 2003. « Call of duty était à son apogée à l’époque de Modern Warfare I, II et III (2007, 2009 et 2011) et de Black Ops I et II (2010 et 2012). » D’ailleurs, « un opus tous les ans », comme c’est le cas depuis 2005, « cela me semble vachement redondant, car les idées s’épuisent », les développeurs ont peu de temps pour boucler leurs jeux, et « les bugs » montrent qu’Activision Blizzard « préfère sortir un jeu à moitié fini, et nous sortir des mises à jour, pour combler leur manque d’efficacité ».

« On se marrait bien mieux sur « Quake III Arena » »

Call of Duty, le meilleur FPS ? « Non, le meilleur, depuis toujours, c’est Counter Strike », le hit de Valve, trolle un internaute. « Pour les campagnes en solo, Call of Duty, c’est de l’arnaque, renchérit un autre. Le dernier, c’est du bla-bla bla en continu. Je préfère un truc archaïque, du genre Sniper Elite 5, au moins, tu en as pour ton fric ! » Call of Duty, c’est « un jeu pop-corn. Battlefield est bien meilleur ! », confie Charles. Nostalgique, Mathieu assure « se marrait bien mieux sur Quake III Arena (1999) ou Unreal Tournament (1999). C’était fun, rapide et nerveux. Ça ferait saigner du nez les petits joueurs de Call of Duty ! »

Le hit d’Activision Blizzard n’est « probablement pas le meilleur FPS », note Nicolas, un joueur occasionnel. « Il y a énormément d’autres jeux qui apportent une proposition différente, mais pas moins intéressante, comme Battlefield, Halo, Overwatch… Mais Call of Duty est clairement le plus populaire, et c’est important, pour les jeux multijoueurs. Etant donné la popularité de Call of Duty, il y a de grandes chances que vos amis y jouent, c’est donc naturellement vers celui-ci que vous allez vous tourner, si vous souhaitez jouer avec le plus grand nombre. Plus il y a de joueurs, plus ça en attire de nouveaux. » Pour Nicolas, si c’est un si grand succès, c’est sans doute aussi parce qu’il est « accessible ». « On prend du plaisir assez immédiatement, quand, sur des licences concurrentes, la courbe de progression est plus lente et difficile. Et il faut s’investir d’avantage. »