Calais : Une boîte aux lettres peut-elle empêcher les expulsions de camps d’exilés ?

Des associations ont installé des boîtes aux lettres à l’entrée de campements de Calais portant les noms et numéros de téléphone  de migrants, afin de rappeler aux autorités qu’elles doivent leur permettre de défendre leurs droits avant de les expulser, ont-elles annoncé vendredi.

Ces associations, parmi lesquelles l’Auberge des migrants, Utopia56, Salam et le Secours catholique, entendent ainsi lutter « contre les expulsions violentes avec mise à l’abri forcée et sans diagnostic social », expliquent-elles dans un communiqué. Elles lancent cette action alors que le préfet du Pas-de-Calais a été condamné, le 24 mars, pour avoir démantelé un campement de migrants à Calais en septembre 2020 sans cadre juridique adéquat.

« Un domicile est protégé par la loi »

« Depuis que les personnes sont installées sur ces terrains, ceux-ci constituent leur domicile. Un domicile est protégé par la loi. Toute mesure d’expulsion doit donc faire l’objet d’une procédure juste et équitable devant un tribunal : les habitants du terrain doivent être convoqués au tribunal et pouvoir se défendre avec l’assistance d’un avocat », selon les associations.

Les boîtes aux lettres ne portent pas les noms et numéros de la totalité des migrants du campement mais « si ne serait-ce qu’une personne se déclare comme habitant de ce lieu, le procureur est obligé d’organiser une procédure contradictoire avec cet habitant le propriétaire », alors que « le procureur (de Boulogne-sur-Mer) se dédouane à chaque fois en disant que les personnes sont non-nommables et non-identifiables », insiste Marguerite Combes, coordinatrice d’Utopia56 Calais.

Plus que les petites expulsions organisées « toutes les 36 à 48h, sur la base de la flagrance », cette action vise surtout les grosses expulsions de lieux de vie, réalisées à la suite d’une ordonnance du juge et comportant une « mise à l’abri » des migrants par des autobus, complète une membre de Human Rights Observers.

Au cours de ces opérations, « un huissier est présent mais fait mal son travail et ne permet pas le contradictoire », ajoute-t-elle. Si l’on s’adressait aux personnes exilées dans leur langue ou même en anglais, elles seraient prêtes à faire valoir leurs droits, soulignent les associations.