« Ça, chapitre 2 » : Pourquoi le film intègre une scène de crime homophobe

Bill Skarsgård incarne Pennywise dans «Ça». — WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. / Brooke Palmer

Deux garçons s’embrassent. Des adolescents les observent et se mettent à les insulter, à les poursuivre et à les agresser. Ils finiront par jeter l’un des deux amoureux par-dessus un pont et à l’abandonner à son sort.

La scène d’ouverture de Ça, chapitre 2, qui sort ce mercredi dans les salles françaises, n’est pas une découverte pour celles et ceux qui ont lu le roman de Stephen King paru en 1986. En revanche, les fans de la cultissime adaptation en téléfilm verront une séquence qui n’avait pas été conservée dans le scénario de la fiction diffusée au début des années 1990.

« Important » et « pertinent »

Intégrer cette scène marquante du livre dans son film était « important » pour le réalisateur Andy Muschietti. Il a expliqué à Variety que ce passage était « pertinent » : « C’est quelque chose que l’on subit encore. Il y a toujours des crimes de haine. Peu importe la manière dont on pense que la société a évolué, il semble y avoir un retour en arrière, notamment en cette époque où les valeurs bigotes émergent de l’obscurité. »

Le cinéaste rappelle que Stephen King avait écrit cette scène « pour montrer à quel point les gens peuvent devenir mauvais dans une petite ville américaine ». Jessica Chastain, qui joue dans ce deuxième volet de Ça, confirme elle aussi auprès de Variety : « Cette scène traite de la crasse qui est coincée sous les ongles de ces petites villes, ou bien de l’humanité. C’est ça que ça représente. La noirceur du comportement humain. »

Le meurtre homophobe de Ça ne sort pas complètement de l’imagination de l’écrivain. Stephen King a été fortement marqué par un faits divers survenu à Bangor (Maine) où il est né et réside toujours.

« J’étais choqué »

Le 7 juillet 1984, Charlie Howard, 23 ans, et son compagnon Roy Ogden ont été agressés par une bande de jeunes. Charlie, pris d’une crise d’asthme, était particulièrement affaibli lorsque ses assaillants – tous mineurs – l’ont jeté par dessus la rambarde d’un pont, le condamnant à la noyade car il ne savait pas nager.

« Au moment où le meurtre a eu lieu, je venais de commencer à écrire Ça. C’était frais dans mon esprit et c’était cohérent avec l’idée que Derry [la ville où se déroule l’action du roman] était un endroit où des choses terribles se produisaient. Et puis, cela va sans dire, j’étais choqué. C’était un crime de haine », a expliqué Stephen King. En 2014, à l’occasion de la commémoration des 30 ans du drame, Stephen King appelait, dans le Bangor Daily News, à tirer des enseignements de ce faits divers qui a traumatisé la population. « C’est notre ville. Nous y vivons. Ce qui signifie que l’on doit vivre avec Charlie, et continuer à essayer de bien faire les choses. »

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