Burkini dans les piscines municipales : Laurent Wauquiez maintient le gel des subventions à la ville de Grenoble

Même si la ville de Grenoble doit faire marche arrière et renoncer à l’autorisation du burkini dans ses piscines municipales, après la décision du Conseil d’Etat mardi, elle devrait toujours être pénalisée par la région Auvergne Rhône-Alpes. Présidée par Laurent Wauquiez, cette dernière entend en effet maintenir la suspension de ses subventions à la ville de Grenoble. Laurent Wauquiez avait annoncé ce gel des subventions le 17 mai, au lendemain de l’adoption par le conseil municipal de Grenoble d’un règlement des piscines autorisant de fait le port du burkini.

L’élu LR avait accusé le maire Eric Piolle de « rupture avec la laïcité et les valeurs de notre République ». La suspension des subventions régionales à la ville de Grenoble sera maintenue tant qu’Eric Piolle n’aura pas signé « la charte pour la défense des valeurs de la France » adoptée en mars, a indiqué mercredi la région AURA. Cette charte fera l’objet d’un « amendement pour intégrer l’argumentation du Conseil d’Etat » au sujet du burkini.

Eric Piolle se résout à accepter la décision du Conseil d’Etat

Interrogé mercredi à ce sujet, Eric Piolle a répliqué qu’il « laissait Laurent Wauquiez à ses décisions ». Selon lui, la charte en question « s’assied vraiment sur la loi de 1905, un des fondamentaux de la République ». « Il y a clairement une volonté d’ostraciser en particulier une communauté. Je ne crois pas que ce soit bon pour la société française et je resterai solide sur les valeurs », a-t-il répondu. Le Conseil d’Etat a confirmé mardi une décision du tribunal administratif de Grenoble interdisant le burkini dans les piscines municipales de Grenoble.

La haute juridiction a estimé que le nouveau règlement imposé par la municipalité constituait une « dérogation très ciblée », destinée à « satisfaire une revendication religieuse ». Eric Piolle a indiqué qu’il « prenait acte » de cette décision : « Je ne peux que regretter qu’ils nous prêtent des intentions qui ne sont pas les nôtres mais je ne peux qu’accepter cette décision », a-t-il déclaré.