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Burkina Faso : La junte déjoue une tentative de putsch

La junte à Ouagadougou a affirmé avoir déjoué une « tentative de déstabilisation » visant à éliminer son chef, le capitaine Ibrahim Traoré, le 3 janvier 2026 à 23 heures. Mahamadou Sana a indiqué que « une bonne partie des sources de financement de ce projet de déstabilisation provient de la Côte d’Ivoire et dont la dernière opération s’élève à 70 millions de FCFA » (environ 106.000 euros).


Le pouvoir militaire à Ouagadougou aurait empêché une tentative de coup d’État. La junte a en effet déclaré mardi soir avoir déjoué pour la « énième fois » une « tentative de déstabilisation » visant à éliminer son chef, le capitaine Ibrahim Traoré.

Le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, qui a pris le pouvoir en septembre 2022 à la suite d’un coup d’État contre Paul-Henri Sandaogo Damiba, ce dernier ayant lui-même renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré quelques mois auparavant.

Un plan monté depuis le Togo ?

« Le 3 janvier 2026, à 23 heures, une action de déstabilisation du pays était prévue par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires, en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré, soit à bout portant, soit par une action pour miner son domicile », a expliqué à la télévision nationale le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana. « Après cela, une mise hors service de la base de drones et une intervention militaire terrestre des forces extérieures devaient suivre », a ajouté le ministre, qui a choisi de ne pas fournir plus de précisions « pour éviter de compromettre l’efficacité des enquêtes. »

« L’acteur principal » de ce complot est « l’ex lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba », actuellement en exil au Togo, a affirmé Mahamadou Sana. Il « a eu pour mission clé de concevoir et planifier les actions, de rechercher et mobiliser les fonds, de recruter les populations civiles et militaires ».

« Une bonne partie des sources de financement de ce projet de déstabilisation provient de la Côte d’Ivoire, et la dernière opération s’élève à 70 millions de FCFA » (environ 106.000 euros), a ajouté le ministre, annonçant que des « interpellations ont eu lieu et se poursuivent. »

Tensions entre le Burkina et la Côte d’Ivoire

La télévision nationale a par ailleurs diffusé un « aveu » d’un homme présenté comme un « commerçant » et un « acteur clé », qui a déclaré s’être rendu en Côte d’Ivoire pour obtenir ces fonds sur instruction du lieutenant-colonel Damiba.

Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a affirmé à plusieurs reprises avoir déjoué des complots visant à la renverser, le plus récent datant d’avril 2025, dont les instigateurs seraient situés en Côte d’Ivoire. Une dizaine d’officiers et de sous-officiers auraient été arrêtés, selon la junte.

Les relations entre le Burkina et la Côte d’Ivoire sont tendues depuis l’accession au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, qui accuse régulièrement la Côte d’Ivoire d’héberger « un centre d’opérations pour déstabiliser » son pays. Abidjan a toujours démenti ces accusations.