Budget rectificatif 2022 : Le déficit public finalement attendu à 4,9 % et la croissance à 2,7 %

Alors que la fin de l’année approche, les prévisions macroéconomiques se précisent. Malgré de nouvelles dépenses destinées à soutenir le pouvoir d’achat, le déficit public de la France en 2022 devrait être légèrement moins élevé que prévu, à 4,9 % contre 5 % pour la précédente estimation, selon un deuxième budget rectificatif dont les grandes lignes ont été présentées mardi par Bercy.

Des recettes fiscales meilleures qu’attendu, ainsi que certaines dépenses en baisse, permettent de réduire le déficit de 4,6 milliards d’euros. Le gouvernement table en outre en 2022 sur une croissance de 2,7 % du PIB et un taux d’inflation à 5,4 %.

Une rallonge pour France compétences

« 2022 n’est pas seulement l’année du combat contre la vie chère, c’est aussi l’année du combat pour des comptes bien tenus », a assuré le ministre des Comptes publics Gabriel Attal. Ce deuxième budget rectificatif pour 2022, trois mois après l’adoption du premier, baptisé alors « paquet pouvoir d’achat », « est vraiment dans le même esprit » et a comme « objectif principal de financer des mesures de pouvoir d’achat pour les Français », selon le ministère de l’Economie et des Finances.

Il comprendra notamment les récentes annonces sur le versement d’un nouveau chèque énergie pour les plus modestes, d’un montant de 1,5 milliard d’euros, et le prolongement de la ristourne à la pompe jusqu’au 15 novembre, pour 440 millions d’euros. Le texte contiendra également l’enveloppe de 275 millions d’euros annoncée pour aider les universités et les organismes de recherche à faire face à la flambée des coûts de l’énergie, et celle de 200 millions d’euros pour les dépenses de carburant du ministère des Armées. France compétences (le régulateur de l’alternance et de la formation professionnelle) se voit également attribuer une rallonge de deux milliards d’euros.

Des impôts qui rapportent plus que prévu

Bercy se réjouit en outre de « quelques bonnes surprises sur certaines recettes », avec un impôt sur les sociétés et un impôt sur le revenu qui devraient chacun rapporter deux milliards d’euros de plus que ce qui avait été anticipé cet été. Le prélèvement sur recettes à destination de l’Union européenne sera en outre plus faible que prévu, de l’ordre de deux milliards d’euros également.

Les comptes publics profiteront également de dépenses en baisse. Par exemple, du fait d’un nombre de défauts moins élevé qu’estimé des prêts garantis par l’Etat, octroyés au plus fort de la crise du Covid-19, le gouvernement pourra reprendre environ deux milliards d’euros qui étaient prévus pour faire face aux impayés.

Le budget rectificatif doit être présenté ce mercredi en Conseil des ministres, puis le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et Gabriel Attal seront auditionnés jeudi au Sénat sur le texte, le second étant en outre convié à s’exprimer mercredi en milieu de journée devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale. L’examen débutera ensuite au Palais-Bourbon le 7 novembre, puis le 14 au Sénat.