Budget 2026 : quelle apparence pour la version attendue depuis six mois ?
Le budget 2026 a été définitivement adopté ce lundi soir après le rejet des deux dernières motions de censure. Le déficit est chiffré pour l’État à 131,9 milliards d’euros, quasi stable par rapport à 2025, et réduit de plus de 30 milliards par rapport à 2024.
On y est ! Après un long feuilleton, le budget 2026 a été définitivement adopté ce lundi soir, suite au rejet des dernières motions de censure. Considéré comme « socialiste » par une partie de la droite et « d’austérité » par la gauche radicale, ce budget ne fait pas l’unanimité, ce qui n’est pas vraiment une surprise. Alors, à quoi ressemble ce budget 2026 ? Voici un point rapide.
### Le déficit à 5 % du PIB, peut mieux faire
La version initiale du budget prévoyait une réduction du déficit public à 4,7 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025. Il s’établira finalement à 5 %, en raison des concessions faites au Parti socialiste, notamment sur les budgets de la Sécurité sociale et de l’État.
Les dépenses publiques passeront de 56,8 à 56,6 % du PIB, tandis que le taux de prélèvement obligatoire augmentera de 43,6 à 43,9 %. Le déficit de l’État est estimé à 131,9 milliards d’euros, presque stable par rapport à 2025, mais réduit de plus de 30 milliards par rapport à 2024.
Jean-François Husson, rapporteur général du budget au Sénat (LR), critique ce budget, affirmant qu’il « aggrave le déficit de plus de 10 milliards d’euros par rapport au budget initial » et qu’il continuera d’accroître la dette, qui atteindra « 118,2 % du PIB en 2026, contre 115,9 % en 2025 ». Il dénonce également le poids des hausses d’impôts sur les entreprises.
### Quelques hausses d’impôt pour les entreprises
Les entreprises devront faire face à plusieurs hausses d’impôts. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises devrait rapporter 7,3 milliards d’euros en 2026, au lieu des 4 milliards prévus au départ (et 8 milliards pour 2025).
Le gouvernement a également renoncé à la diminution de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), récupérant 1,3 milliard. Malgré les protestations du patronat, le gouvernement défend la stabilité du cadre fiscal, affirmant que « 99 % des entreprises ne verront aucun changement fiscal en 2026 », selon la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
### Les retraités toujours protégés
Pour les ménages, la stabilité est également en vigueur, le gouvernement ayant abandonné le gel du barème de l’impôt sur le revenu. Les retraités continueront de bénéficier d’un abattement de 10 % sur cet impôt.
Les socialistes n’ont pas réussi à faire adopter leurs propositions de taxation des hauts revenus, telles que la taxe Zucman ou une nouvelle version de l’Impôt sur la fortune. La taxation sur les holdings, quant à elle, devrait rapporter environ 100 millions d’euros par an.
### Augmentation du budget de l’armée
Le budget de la Défense augmentera de 6,5 milliards d’euros, tandis que d’autres « missions » verront leur budget stagner ou diminuer, hormis les ministères régaliens.
Le programme d’investissements France 2030 subira une réduction de 1,1 milliard d’euros, tandis que le « Fonds vert » pour la transition écologique verra son budget passer de 1,15 milliard en 2025 à 850 millions en 2026, bien que cette baisse soit moins forte que prévu.
### Des aides étendues
Les socialistes ont obtenu une augmentation pour la prime d’activité destinée aux travailleurs modestes, dont le coût est estimé à 700 millions d’euros en 2026.
Parmi les autres sujets de satisfaction, on note la généralisation des repas à un euro pour les étudiants, la revalorisation des Aides personnalisées au logement (APL), ainsi qu’une ponction des recettes des bailleurs sociaux moins importante que prévue.

