France

Budget 2026 : Lecornu décidera « d’ici mardi » sur l’option 49.3.

L’hypothèse d’un recours rapide au 49.3 s’impose chaque jour un peu plus dans les couloirs de l’Assemblée, Matignon accuse le RN et LFI d’un « sabotage continu [qui] rend désormais impossible l’adoption d’un budget par un vote ». Mercredi, les députés du RN ont obtenu une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités locales (DGF), un vote qualifié d’« ubuesque » par Régions de France.


L’hypothèse d’un recours rapide au 49.3, voire à une ordonnance, devient chaque jour un peu plus pressante dans les couloirs de l’Assemblée, alors que la nouvelle lecture du budget s’enlise. Matignon accuse le RN et LFI de « sabotage continu [qui] rend désormais impossible l’adoption d’un budget par un vote ». Ce jeudi, des rumeurs circulaient dans l’hémicycle sur un éventuel Conseil des ministres, qui pourrait précéder l’utilisation du 49.3. Une source au sein de l’exécutif n’a pas écarté la possibilité d’une réunion ce week-end, tout en la jugeant peu probable pour jeudi ou vendredi. L’option de l’ordonnance prend également de l’ampleur. L’exécutif devra se prononcer avant le vote de la partie « recettes », et l’entourage de Sébastien Lecornu considère qu’un « scénario tranché d’ici mardi » est « possible », tout en affirmant qu’il n’y aurait pas de budget définitivement adopté « avant la mi-février ».

Cette perspective semble influencer le comportement des députés, qui sont moins enclins à rechercher un compromis alors que le gouvernement pourrait faire adopter le budget sans vote, faute de majorité. Un éminent représentant LR évoque une lassitude générale : « Il y a une fatigue d’un jour sans fin », soulignant que les parlementaires ont « du mal à voir où ils atterrissent » et « reviennent sur leurs bases initiales » en raison d’un manque de « photographie globale » d’un accord possible.

Dans ce contexte, les votes s’enchaînent sans cohérence. Mercredi, les députés du RN ont obtenu, grâce à la démobilisation, une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités locales (DGF), un vote qualifié d’« ubuesque » par Régions de France. Jeudi matin, l’exécutif a subi un nouveau revers : son amendement sur la surtaxe des bénéfices des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, a été rejeté, alors qu’il représentait un point clé des discussions avec le PS.

Parallèlement, les négociations se poursuivent en coulisses pour tenter d’éviter une censure, notamment entre le PS et le gouvernement, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu était présent jeudi à l’Assemblée pour échanger avec des parlementaires. Cependant, l’option de l’ordonnance suscite une forte opposition. « Aucune femme, aucun homme attaché à la défense de la République ne peut accepter ce qui ne serait ni plus ni moins qu’un nouveau 18 Brumaire […] Je censurerai sans aucune hésitation tout gouvernement qui céderait à une telle tentation », avertit le député socialiste Philippe Brun.