Brexit : Quelles conséquences en matière de la lutte antiterroriste ?

Le siège du MI6 (Secret Intelligence Service), à Londres — Alex Lentati/LNP/REX/SIPA

  • Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne ce vendredi.
  • Alors que la menace terroriste reste très élevée, les services de renseignement britanniques devraient poursuivre leur collaboration avec ceux des autres pays européens.
  • La question de l’accès du Royaume-Uni aux bases de données policières européenne devra toutefois être tranchée prochainement.

Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, et James Bond, le célèbre 007, travailleront-ils toujours ensemble demain ? Alors que le Brexit sera effectif ce vendredi, se pose la question de la collaboration des services de renseignement entre la France et le Royaume-Uni​ et plus particulièrement celle de l’échange d’informations sensibles.

Une source sécuritaire se montre rassurante et affirme à 20 Minutes que, si certains détails restent à régler, « tout a été mis en œuvre et continuera à être mis en œuvre pour que le Brexit n’ait aucun impact sur le dispositif sécuritaire bénéfique aux deux pays ». « Les gens ne comprendraient pas qu’on cesse de coopérer car la menace terroriste est trop importante. »

Ces dernières années, des terroristes ont frappé à deux reprises des deux côtés de la Manche. A Paris ou à Nice, mais aussi à Londres ou à Manchester. Selon Mediapart, le commando du 13-Novembre et de Bruxelles avait même réfléchi à attaquer le Royaume-Uni, avant d’abandonner l’idée. Une hypothèse confortée par le fait que Mohamed Abrini, impliqué dans les attentats de Bruxelles, aurait effectué des repérages en vue d’une possible attaque, ce qu’il a nié devant les enquêteurs après son arrestation en avril 2016.

Quid de l’accès aux fichiers ?

Du côté des autorités, on se montre donc rassurant : le Brexit n’aura pas d’effets négatifs sur la coopération entre les services de renseignement en Europe, assure Gilles de Kerchove, coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme. Dans un entretien accordé à l’AFP, il assure que « l’échange d’information n’est pas impacté » par la sortie du Royaume-Uni du traité d’Union européenne. La collaboration entre les services, souligne Gilles de Kerchove, a déjà lieu « hors du cadre institutionnel de l’Union » et des États non-membres de l’UE, tels la Norvège et la Suisse, y participent. « On travaillait déjà avec les Britanniques alors qu’ils n’étaient pas dans Schengen », explique d’ailleurs à 20 Minutes une autre source proche du dossier.

« Les relations entre services de renseignement sont surtout bilatérales, elles ne dépendent pas de l’Union europeéenne », complète un haut fonctionnaire. « La seule question qui se pose aujourd’hui, c’est celle de l’accès au Système d’information Schengen », le méga-fichier de police européen. Sans être membre de l’espace Schengen, Londres avait obtenu, en tant que membre de l’UE, un accès à des informations contenues dans cette base de données. Or, comme l’avait souligné en juin 2018 le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, le Royaume-Uni perdra son accès aux bases de données policières européennes une fois qu’il aura quitté l’Union européenne.

Des discussions en février

Pourtant, le SIS est devenu ces dernières années un instrument précieux pour traquer les djihadistes entrant en Europe en provenance de Syrie ou d’Irak. Londres continuera-t-elle à y avoir accès ? « Il est impossible à un non-Etat membre d’avoir le degré d’intimité d’un Etat membre », observe Gilles de Kerchove. La question devra donc être résolue au cours des discussions entre Londres et Bruxelles sur leur future relation, qui devraient débuter fin février.

Du côté du ministère de l’Intérieur, en tout cas, on n’exclut pas de « créer » des outils spécifiques de coopération avec le Royaume-Uni, comme l’avait souligné Christophe Castaner après une rencontre avec son homologue Priti Patel en août 2019. L’objectif, des deux côtés de la Manche : « assurer un niveau de sécurité inchangé sur les territoires français et britannique. »

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