Bretagne: Malades, des anciens salariés de Triskalia alertent l’Europe sur les dangers des pesticides

Un panneau — C. Allain / 20 Minutes

  • Des anciens salariés de Triskalia sont reçus ce lundi par la commission pétition du Parlement européen. 
  • L’ancienne ministre de la Santé espagnole Dolors Montserrat souhaite entendre ces salariés, malades depuis leur exposition aux pesticides.
  • La coopérative agricole bretonne a été condamnée à indemniser des anciens salariés qu’elle avait licenciés. 

Pas d’armistice dans leur lutte. En ce lundi 11 novembre, les anciens salariés de Triskalia et leurs soutiens seront au Parlement européen. La commission des pétitions souhaite de nouveau les recevoir pour évoquer le combat qu’ils mènent contre leur ancien employeur. La coopérative agricole bretonne, qui comprend 18.000 agriculteurs et emploie près de 5.000 personnes, est plus connue pour ses marques comme Paysan Breton, Mamie Nova, Prince de Bretagne ou encore son enseigne Magasin Vert.

Confrontés pendant leur carrière à l’utilisation de pesticides, plusieurs anciens salariés sont devenus hypersensibles aux produits chimiques. Ils tentent aujourd’hui d’alerter la population sur les dangers des produits phytosanitaires. Un long combat récompensé il y a quinze jours par la condamnation de la coopérative, qui devra verser 100.000 euros à deux de ses anciens salariés qu’elle avait licenciés.

« L’équivalent du dossier de l’amiante, facteur X »

Ce lundi, ces salariés et leurs soutiens sont reçus par la députée espagnole Dolors Montserrat. L’ancienne ministre de la santé de Mariano Rajoy souhaite évoquer la pétition initiée en 2016 et signée par 80.000 personnes. Leur précédente audition au Parlement européen avait débouché sur une grande enquête après l’importation de maïs contaminé à la phosphine par la coopérative Triskalia. « Cette question des pesticides, c’est l’équivalent du dossier de l’amiante, facteur X », résume René Louail.

Ce paysan, militant écologiste et candidat aux régionales en Bretagne, fait partie des soutiens des anciens de Triskalia. Pour lui, les salariés sont « des lanceurs d’alertes » qu’il convient d’écouter mais aussi de protéger. « C’est un combat qui est long, qui est coûteux pour eux mais il faut le mener jusqu’au bout car il concerne de très nombreuses personnes ». René Louail espère d’ailleurs que d’autres victimes vont oser parler. « On sait qu’il y a des personnes qui ont peur d’aller travailler le matin. C’est un système mortifère qu’il nous faut changer ».

Des cancers au sein de la maison mère

Dans une longue enquête publiée en 2015, France Culture avait révélé le nombre anormalement élevé de cancers parmi les salariés du site de Glomel (Côtes d’Armor) appartenant à Triskalia.

A l’issue de leur audience devant la commission des pétitions, les anciens salariés de la coopérative envisagent « des annonces » et se réservent la possibilité d’attaquer l’État français en justice. « Il est nécessaire de sanctionner les manquements », résume René Louail.

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