Bretagne : Espoir d’une reprise de l’enquête, dix-sept ans après le naufrage du Bugaled Breizh

Des gendarmes devant l’épave du Bugaled Breizh, un chalutier breton coulé au large des côtes anglaises en 2004. — Maisonneuve / SIPA

  • L’enquête de la justice anglaise autour du naufrage du Bugaled Breizh va être relancée.
  • Une nouvelle audience aura lieu le 12 mars, permettant aux différentes parties de fournir de nouvelles pièces, dix-sept ans après le mystérieux naufrage du chalutier basé à Loctudy (Finistère).
  • Cinq marins avaient péri lors du naufrage, dont les raisons ne sont toujours pas expliquées. De forts soupçons pèsent sur la présence de sous-marins en exercice.

Le drame remonte au 15 janvier 2004. Dix-sept ans après le mystérieux naufrage du Bugaled Breizh au large du cap Lizard, à l’extrême sud-ouest de l’Angleterre, les familles des cinq marins disparus n’ont toujours pas d’éléments de réponse sur les raisons de ce tragique naufrage. Alors que de lourds soupçons pèsent sur des sous-marins en exercice dans la zone, la justice française avait rendu un non-lieu confirmé par la cour de cassation en 2016. Depuis, les derniers espoirs des familles reposent sur les épaules de la justice anglaise. Les corps de deux des cinq marins originaires de Loctudy (Finistère) avaient été retrouvés dans les eaux anglaises, autorisant les Britanniques à enquêter sur ce mystérieux drame. Comme l’a révélé Le Télégramme​, une nouvelle audience doit se tenir le 12 mars dans le cadre de cette procédure.

Cette audience, qui se tiendra en visioconférence ne sera « pas une audience finale mais un dépôt de conclusions », précise l’avocat de proches de victimes Dominique Tricaud. Elle se tient dans le cadre de l’enquête pour « recherche des causes de la mort ». En 2016, la justice française avait éteint son action judiciaire en prononçant un non-lieu, laissant les familles sans réponse. S’agissait-il d’un accident de pêche ? Peu de connaisseurs du dossier y croient. Ou bien le Bugaled Breizh a-t-il été attiré au fond par un sous-marin qui a crocheté un de ses filets ? Cette hypothèse, renforcée par le naufrage soudain évalué à 37 secondes, se heurte à la difficulté du secret-défense de plusieurs pays.

Des soupçons sur un sous-marin anglais

Les Etats-Unis ont toujours nié être impliqués dans cet accident, tout comme la France. Les soupçons les plus avancés pèsent sur la présence d’un sous-marin anglais. Il y a quelques années, un officier français avait livré des révélations troublantes, expliquant que son appareil devait effectuer des manœuvres avec un sous-marin anglais mais que l’exercice avait été annulé au dernier moment « en raison d’une avarie ».

Des années après l’accident, un témoin avait affirmé que le capitaine du « Turbulent » avait reconnu avoir accroché le chalutier. Le gradé contestait, arguant que son sous-marin était resté à quai ce jour-là. Ce que plusieurs documents déclassifiés semblent contredire. « Il ne faut rien lâcher et continuer à se battre », estime Michel Launay, président de l’association SOS Bugaled Breizh, se disant persuadé « qu’on arrivera à obtenir la vérité ». Yves Gloaguen, Georges Lemétayer, Pascal Le Floch, Patrick Gloaguen et Eric Guillamet étaient âgés de 34 à 59 ans quand ils ont perdu la vie à bord du Bugaled Breizh (enfants de Bretagne en breton).

20 partages