Bretagne : Dans les lycées publics, la cantine a bien meilleur goût

C’était un très grand chantier à mener. Première région agricole française, la Bretagne avait à cœur de fournir une alimentation de bonne qualité aux dizaines de milliers de lycéens qui fréquentent chaque jour les restaurants scolaires. Cinq ans après  le lancement d’un grand plan baptisé « Breizh’Alim », le chantier semble avoir bien avancé. Dans les lycées publics, on a depuis longtemps abandonné la piètre bouffe préparée par la cuisine centrale qu’il suffisait de réchauffer. Une solution souvent économique mais pas vraiment diététique qui a pu éloigner certains élèves des restaurants scolaires pour les rapprocher des snacks du coin. En Bretagne, les lycées publics sont désormais sommés de cuisiner  des produits frais, parfois bio et de préférence locaux.

Mercredi, c’est le lycée Victor et Hélène Basch de Rennes qui a reçu le président de la région pour un rougail saucisses. Dans les couloirs de l’établissement qui accueille environ 1.500 élèves, la critique sur les repas est plutôt positive. « C’est bien, il y a du choix et on peut manger en bonne quantité si on veut », estime Mathis, élève de terminale. Son pote Kim est du même avis. « C’est carrément mieux ici qu’au collège. On peut manger équilibré et on a un vrai choix. En plus, il y a toujours un plat végétarien ». Les deux élèves adressent cependant la même critique à l’établissement : l’attente. « On doit attendre quarante minutes pour manger. Quand on n’a qu’une heure de pause, c’est vraiment galère. Et si tu arrives trop tard, tu as moins de choix ». Ici comme ailleurs, le self du lycée paraît victime de son succès.

A entendre les élus de la région, cela semble être le cas partout depuis que les cuisiniers ont été formés au bien-manger. « On regarde avec attention le taux d’évasion des élèves en lien avec les proviseurs. Le déjeuner est un moment important de la journée, notre offre de restauration doit être à la hauteur. Aujourd’hui, chaque lycée a sa cuisine de fabrication. Et tous nos nouveaux établissements sont équipés de cuisines ouvertes. C’est important pour les équipes de montrer leur métier », explique Loïg Chesnais-Girard, président socialiste de la région.

A la rentrée de septembre, un changement important concernera les familles des 67.000 demi-pensionnaires qui fréquentent les cantines des 115 lycées publics de Bretagne avec la mise en place d’une tarification solidaire. Basé sur le quotient familial, le nouveau tarif variera entre 2,70 euros pour les plus modestes et 4,20 euros pour les plus aisés. Surtout, il sera identique dans tous les établissements publics, ce qui n’était pas le cas aujourd’hui. « On avait autant de tarifs que de lycées. Tous n’avaient pas de tarif réduit ou pas sur les mêmes critères. Cette harmonisation était un enjeu de justice sociale », estime Isabelle Pellerin.

La vice-présidente de la région déléguée aux lycées rappelle que repas servi coûte en moyenne « 8 euros » à la collectivité si l’on additionne le coût des matières premières, le personnel et les fluides. Selon elle, 43 % des familles « vont payer moins cher ». Ce qui laisse penser que les 57 % restant vont voir la note stagner ou parfois sérieusement augmenter.